vendredi 10 juillet 2009 3:20 Tijd

Les entreprises américaines sabrent les emplois face à la gravité de la crise

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En une journée à peine, les annonces de licenciements collectifs de l'autre côté de l'Atlantique se sont accumulées. Au total, ce sont près de 22.000 personnes qui sont touchées. La finance, la chimie, l'informatique, la téléphonie, les médias: aucun secteur ne semble épargné.

Bruxelles (afp) - Les entreprises américaines, désormais convaincues que la crise économique sera longue et profonde, multiplient les plans de restructurations et les annonces de milliers de suppression d'emplois.

En moins de 24 heures, de grandes entreprises ont annoncé des licenciements qui, cumulés, qui vont toucher près de 22.000 personnes. La finance, la chimie, l'informatique, la téléphonie, les médias: aucun secteur ne semble épargné.
En chiffres bruts, l'opérateur téléphonique AT&T a lâché une bombe: 12.000 emplois vont disparaître d'ici un an. Ce chiffre ne représente toutefois "que" 4% de ses salariés, alors que chez le beaucoup plus petit Viacom (TV et cinéma), le départ attendu de 850 personnes représente près de 8% des effectifs.

Le grand chimiste DuPont a de son côté annoncé la suppression de 2.500 emplois en Amérique du Nord et en Europe (plus de 4% de ses effectifs totaux), sans compter l'interruption du contrat de 4.000 intérimaires.
Mercredi soir, c'est le fabricant de logiciels Adobe qui avait annoncé le départ de 600 personnes, soit près de 9% de ses effectifs. A la banque bostonienne State Street, pourtant tout juste recapitalisée par l'Etat fédéral à hauteur de 2 milliards de dollars, entre 1.600 à 1.800 personnes ne s'approcheront plus des guichets.
Chaque fois, les directions de ces sociétés, toutes bénéficiaires, avancent les mêmes arguments: il faut "faire face aux défis actuels du marché et à renforcer la compétitivité du groupe en 2009", a fait valoir DuPont.
State Street va plus loin: elle licencie non seulement pour mieux résister, mais pour préserver "la croissance régulières des bénéfices", qui en dépassant les 10% ont de quoi faire bien des envieux dans un monde financier sinistré.

Et tandis que les gros groupes médiatisent leurs restructurations, des PME se mettent aussi à sabrer dans les emplois, notamment dans les services, dont l'activité est au plus bas depuis onze ans.
Le tout, alors que le pays retient son souffle en attendant de voir si les trois grands constructeurs automobiles échapperont à la faillite, alors que le secteur représenterait jusqu'à trois millions d'emplois directs et indirects.
Résultat, le chômage grimpe. En dépit d'une baisse trompeuse des inscriptions hebdomadaires au chômage publiée jeudi - essentiellement due au creux d'activité lié au long week-end de Thanksgiving - la proportion des sans-emploi grimpe inexorablement.

Les économistes s'attendent à ce que le ministère du Travail annonce vendredi un bond à 6,8% du taux de chômage, au plus haut depuis plus de 15 ans.
L'économiste Peter Morici, professeur à l'Université du Maryland, estime quant à lui qu'un chiffre plus exact, tenant compte du nombre d'Américains ayant renoncé à chercher un emploi, et de ceux qui préfèreraient travailler à temps plein plutôt qu'à temps partiel, avoisinerait les 12%.
Et le tableau n'est pas près de s'éclaircir, à en croire M. Morici, avec des suppressions d'emploi mensuelles dépassant les 200.000 cas --typiques d'une grave récession-- à attendre pour "plusieurs mois".

Le nombre d'emplois détruits en novembre devrait approcher le tiers de million (les analystes attendent un chiffre de 325.000) dans les chiffres officiels du ministère, après déjà 240.000 en octobre.
L'enquête publiée jeudi par le cabinet ADP, un spécialiste de la gestion des feuilles de paie, a déjà révélé que 250.000 emplois avaient disparu le mois dernier dans le seul secteur privé.

Le problème, comme le relève M. Morici, c'est que ces licenciements à tour de bras ont toutes les chances d'entretenir un cercle vicieux: "les entreprises américaines tout simplement n'embauchent pas et ne construisent pas pour l'avenir aux Etats-Unis, ce qui est de mauvais augure pour la croissance du produit intérieur brut au deuxième semestre 2009 et au-delà".
"Les actifs productifs qui n'auront pas été mis en place dans les 12 mois qui viennent ne seront pas là pour produire des biens et services après la fin de la récession", s'inquiète-t-il.


19:44 - 04/12/2008 Copyright © L'Echo.be

Réactions (1)

  • yl543938 le 04 décembre 2008 à 20:06

    Facile pour les entreprises de licencier à tour de bras, pour préserver le niveau de leurs profits et ce, après avoir reçu des aides de toutes sortes de leurs gouvernements respectifs !! Quand ils auront mis tous ces pauvres gens au chômage, qui consommera leurs produits ? Quand cela va mal, ce sont toujours les travailleurs qui trinquent ! Mais quand tout va bien, ce sont d' autres qui se remplissent la panse ! Force est d'admettre que rien ne change et rien ne changera. Nous sommes peut-être à l' aube d' une nouvelle révolution sociale et la peau de certains grands dirigeants économiques sera en grand danger. Ce n' est qu' un juste retour des choses !

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