La récession ne devrait épargner aucune économie. Attendue au second semestre, elle devrait durer un an. Et ensuite, la reprise serait lente et laborieuse, surtout aux Etats-Unis. Ce sont en tout cas les nouvelles prévisions conjoncturelles d'UBS.
Bruxelles (L'Echo) - Les économistes d'UBS prévoient une récession mondiale, dans une note publiée ce mercredi matin. Aux Etats-Unis, le fléchissement de l'économie pourrait intervenir au cours du second semestre. En Europe, la récession serait également inévitable, tout comme en Asie. A l'origine de ces prévisions, l'aggravation sensible de la crise des marchés financiers et du crédit observée depuis septembre à l'échelle internationale. Dans l’ensemble, UBS table sur un ralentissement de la croissance économique mondiale passant de 5% en 2007 à 3,7% cette année et à 2,4% en 2009.
Etats-Unis : la reprise sera laborieuse
Après avoir tenté d'empêcher une récession en réduisant les taux d'intérêts directeurs à plusieurs reprises et en adoptant un plan de relance ambitieux, les Etats-Unis devraient quand même entrer en récession dès le second semestre 2008, cela pour une période de quatre trimestres. Les économistes d'UBS justifient cette prévision par "la persistance des reculs enregistrés sur les marchés des actions et le marché immobilier, ainsi que le resserrement de plus en plus manifeste du crédit".
Et l'amélioration de la performance économique devrait être laborieuse. En effet, la correction des déséquilibres engendrés par les années pendant lesquelles les ménages américains ont vécu au-dessus de leur moyen nécessitera du temps. Concrètement, la reprise mi-2009 devrait être "très faible" et la croissance de l'économie américaine sensiblement inférieure à sa tendance de 3%, cela "dans un avenir prévisible".
Dans ce contexte, UBS prévoit de nouvelles baisses de taux par la Réserve fédérale ainsi que d'autres plans de relance budgétaire.
Europe : même la Suisse devrait stagner
Selon UBS, l'Europe devrait entrer en récession au même moment que les Etats-Unis. D'autres baisses des taux sont attendues dans ce contexte.
En Europe, ce sont surtout les pays qui connaissent un effondrement de leurs marchés immobiliers auparavant nettement surévalués (Grande-Bretagne, Espagne) qui devraient particulièrement être touchés par un ralentissement économique.
D'autres, comme l'Italie, qui connaissent des problèmes structurels devraient également subir la récession de plein fouet.
En ce qui concerne la Suisse, même si le marché immobilier et la consommation privée n'ont pas été caractérisés par de tels excès, le fait de sa dépendance par rapport aux exportations ainsi que de l'importance considérable du secteur financier dans son économie devrait amener le pays à stagner.
Asie : les petites économies fort exportatrices seront plus touchées
La croissance des exportations et partant, de l’économie a également fléchi en Asie. L'économie du Japon devrait, au mieux, stagner l'année prochaine, vu que c'est une économie ouverte de petite taille. Par contre, des grands pays comme la Chine, dont la part des exportations dans le PIB est moins importante, devraient se porter légèrement mieux. Sa croissance économique ne devrait pas passer en dessous de 8%.
isabelle.dykmans@lecho.be