Carrefour: c’est pas moi, c’est lui !
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Bruxelles (L'Echo) - A la décharge du management, il faut reconnaître que le problème de l’hyper-syndicalisation de l’enseigne ne date pas d’hier. Lorsque GB était encore le vaisseau amiral de la flotte GIB, c’était déjà ce problème qui était pointé du doigt par la direction pour expliquer les pertes récurrentes du distributeur.
Et qu’il soit issu du sérail, made in France ou belgo-belge, pas un CEO qui a dirigé l’entreprise n’est parvenu à surmonter cet écueil. A chaque tentative de restructuration, les caddies ont été montés en barricades. Et la concertation s’est muée en un bras de fer des plus musclés.
A la décharge des travailleurs, on se demande toujours à quoi ont bien pu servir les quelques 800 millions d’euros investis dans le réseau. Pas à un positionnement commercial crédible, en tous cas. Ni à un relifting des magasins les plus mal en point. Et là, on ne peut s’empêcher de relever une certaine hypocrisie dans le chef du management de Carrefour qui se dit « contraint de fermer des magasins structurellement non rentables ».
Chiffres à l’appui, la direction peut certainement prouver que ces points de vente accumulent les pertes depuis des années. Mais caddy à la main, le consommateur peut certainement prouver que son hypermarché n’a plus vu l’ombre d’un euro investi depuis des années, non plus…
Autant dire que les magasins en souffrance ne sont pas passés par le stade ‘soins intensifs’ avant leur condamnation.
Alors, partagées les fautes? Sans aucun doute.
A une nuance près : seule une des parties en présence en paie les pots cassés. Et cela, pour la énième fois en Belgique depuis le début de l’année...
Par Anne-Sophie Bailly
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