Voitures de société: le calcul risqué de Di Rupo
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C’était, mardi, la discussion centrale au Heysel pour la 1ère journée du Salon de l’auto 2012. "Quoiqu’il arrive, la décision du gouvernement de faire passer au tiroir caisse tout employé qui conduit une ‘grosse’ voiture va influer sur le montant des véhicules commercialisés".
"Le Fédéral a-t-il bien fait son calcul?", s’interroge le secteur automobile. En réduisant les revenus des marques, l’État va réduire les recettes fiscales obtenues, sur ces montants, via la TVA. Un manque à gagner qui pourrait fortement réduire (annuler?) le gain de 200 millions d’euros espéré avec la mise en place de la mesure…
On peste, on râle, on jure. Dans les allées du Salon automobile de Bruxelles, si tout le monde comprend la décision du gouvernement Di Rupo 1er de mettre un terme aux primes CO2 à destination des particuliers - "ce n'est pas sain de soutenir un marché ad vitam. Avec l'indécision politique, on a finalement gagné 500 jours !" - la révision du régime des voitures d'entreprise laisse un goût amer.
"Quel manque de vision et de réflexion. Cela n'aurait pu être pire !", avance le représentant d'une marque Premium. Le discours est partisan. Les modifications apportées au régime de taxation vont directement peser sur les gains d'Audi, BMW, Volvo et Mercedes en Belgique.
Mais, au Heysel, des études circulent. Et, si leurs calculs sont peut-être un peu gonflés, elles sèment le doute sur le réel effet de la décision du gouvernement de vouloir faire passer au tiroir caisse tout employé qui conduit une grosse voiture de leasing. Le secteur automobile mise, avec la mesure, sur une diminution intrinsèque du prix des voitures commercialisées sur le marché fleet. "Le prix catalogue est une valeur prépondérante dans la cotisation que chacun devra payer. Le cadre choisira moins haut", note BMW.
Ce "downsizing" impactera directement le chiffre d'affaires que réalisent les constructeurs de luxe et, en aval,... les montants en TVA que touche l'État sur ces revenus. "En plus de limiter le nombre d'options comprises dans leurs voitures et la taille des modèles, les gestionnaires de flottes pourraient également se tourner vers le marché des occasions quasi-neuves pour réduire l'ardoise", complètent les patrons.
Avec un impact une nouvelle fois direct sur les recettes fiscales, vu les prix pratiqués sur ce marché. Selon un scénario couché sur papier - un "downsizing" des voitures achetées, cumulé à une chute de 7% des volumes de ventes en neuf -, le Fédéral pourrait perdre plus de 100 millions d'euros, en TVA, sur les revenus des seuls BMW, Audi et Mercedes. Plus de la moitié des 200 millions euros qu'il espère débloquer en appliquant la nouvelle norme.
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