Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a invité samedi le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell à participer aux projets d'hydrocarbures Sakhaline 3 et 4 dans l'Extrême-Orient russe, saluant son travail effectué sur le gisement de Sakhaline 2.
(afp) - "Je pense qu'il est tout à fait possible de continuer à travailler dans d'autres endroits, je pense à Sakhaline 3 et 4", a déclaré M. Poutine, au cours d'une rencontre avec le patron de la société, Jeroen van der Veer, dans sa résidence de Novo Ogarevo, près de Moscou.
"Votre travail est couronné de succès et je veux vous remercier pour cela", a-t-il ajouté, précisant que le groupe était même "en avance sur le calendrier" pour le projet Sakhaline 2.
Les relations entre la Russie et Shell avaient pourtant été assombries en 2007, lorsque la société avait perdu le contrôle de ce gigantesque projet pétrolier et gazier au profit du géant gazier russe Gazprom, sur fond de reprise en main de précieux actifs énergétiques du pays par l'Etat russe.
L'anglo-néerlandais avait alors dû accepter de réduire sa part, de 55 à 27,5%.
Des événements qui semblent appartenir désormais au passé. Début avril, Gazprom avait estimé que Shell avait de "bonnes chances" de devenir un partenaire de Sakhaline-3.
Le géant russe attendait d'en obtenir les licences pour discuter de la forme que revêtirait leur coopération, chose qui a été faite en juin, quand le gouvernement russe lui a attribué trois blocs sur ce projet, sans avoir recours à des appels d'offres.
"Je vous remercie d'évoquer Sakhaline 3 et 4", a répondu M. van der Veer, soulignant que c'était le "moment idéal" pour participer à de nouveaux projets.
"Nous sommes prêts à avancer rapidement", a-t-il dit.
A l'occasion de cette réunion, Shell a signé avec la société russe de navigation Sovkomflot plusieurs documents, dont un accord de coopération pour la construction d'une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) dans la péninsule de Iamal (grand Nord) et de méthaniers pour le transport de GNL dans l'Arctique.
La Russie, qui avait inauguré en février sa toute première usine de GNL sur l'île de Sakhaline, ne fait pas mystère de son intention de diversifier ses exportations à l'avenir grâce au gaz liquéfié, son transport étant plus flexible que celui par gazoduc.
Evoquant l'accord signé, M. Poutine a estimé que c'était un "document important", qui permettra notamment à la Russie "d'élargir ses compétences dans la construction de tankers qui seront demandés dans le futur".
La Russie semble ouvrir de nouveau la porte aux étrangers qui possèdent une expertise, qu'elle n'a pas toujours, pour exploiter à fond ses réserves de pétrole et de gaz offshore.
Mercredi, le français Total a signé avec le groupe russe Novatek un accord pour la future exploitation de l'important gisement gazier de Termokarstovyi sur la péninsule de Iamal.