(Belga) - La société éditrice Rossel & Cie a annoncé mardi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, un plan d'économie de 6 millions d'euros, soit 10% de ses dépenses. Cinquante-deux postes sont menacés, parmi lesquels 22 d'ouvriers et 30 d'employés et/ou de journalistes, a pour sa part indiqué le SETCa à l'issue d'une assemblée générale du personnel.
Selon la direction, ce plan d'économie est une conséquence de la dégradation du marché publicitaire au cours des dernières semaines de 2008, qui l'a amenée à revoir ses prévisions pour l'exercice 2009.
Afin de maintenir la position concurrentielle de la société, la direction a justifié mardi, devant les représentants du personnel, un ensemble de mesures visant à contrer les effets de la situation conjoncturelle 2009 et à poursuivre les investissements nécessaires, précise Rossel & Cie dans un communiqué.
Les mesures concernent les travailleurs du journal Le Soir, de l'hebdomadaire Le Soir Magazine ainsi que le personnel de Rossel Interactive Media (RIM) et Références. Ces emplois représentant 12,5% du total des postes occupés par des travailleurs au sein de Rossel & Cie, la procédure Renault est enclenchée, a précisé le SETCa.
Les réductions de frais de personnel via la mesure de restructuration de départ, à savoir les licenciements, s'élèvent à 3 millions d'euros. La société devra encore économiser 3 millions supplémentaires pour arriver à son objectif, a expliqué Bernard Marchant, administrateur délégué de Rossel & Cie, à l'agence BELGA. Cela passera par des réductions de frais de représentation, d'impression, etc.
Pour les personnes qui quitteront la société, des possibilités de reclassement externe seront envisagées, de même que des mesures de double volontariat et de mise à la prépension.
Les activités de la société éditrice dépendent des recettes liées au marché de l'emploi, qui se sont détériorées dans le contexte de crise économique que l'on connaît actuellement, de même que les recettes publicitaires, a poursuivi M. Marchant. Or, Rossel & Cie, comme n'importe quel autre groupe de presse tel que le Persgroep, Corelio ou Cencentra, doit anticiper les choses.
"Vous ne pouvez pas vivre dans le contexte économique actuel sans anticiper; nous vivons et sommes au centre de l'économie", a insisté M. Marchant pour justifier le plan d'économie, en ajoutant que les effets de la crise se feront surtout sentir durant la 2e partie de l'année 2009 et en 2010.
Réuni en assemblée générale mardi après-midi, le personnel a clairement marqué son opposition à cette restructuration, dont les premiers éléments avaient été annoncés le 18 septembre dernier. Elle prévoyait alors le licenciement de 12 ouvriers et la révision des conditions de travail et de rémunération de l'ensemble du personnel.
Le SETCa compte mettre tout en oeuvre pour éviter les licenciements en proposant des solutions alternatives. La direction, de son côté, se dit convaincue qu'il est possible d'atténuer en partie les effets de ces mesures pour son personnel "grâce à la concertation sociale ouverte et positive qui existe en son sein".
Quant aux rédacteurs du Soir, représentés par la Société des Journalistes professionnels du Soir (SJPS), ils disent attendre de la direction des précisions sur les aspects rédactionnels avant de réagir. A côté du plan social, il y a aussi un nouveau projet rédactionnel, selon le président de la SJPS, Philippe De Boeck, qui souhaite s'assurer qu'il y aura suffisamment de journalistes et de moyens pour poursuivre le travail dans de bonnes conditions.
@ nanard43 Le monde de la presse est en crise depuis des années et en perpetuelle restructuration. Nous n'avons pas la culture de la lecture d'un journal comme en Angleterre. Connaissez-vous beaucoup de jeune qui lisent encore un journal ? En ont-ils encore le temps ?
encore une fois les travailleurs sont les victimes du libéralisme. Ce sont eux qui supportent l'essentiel de l'effort ( moins 50 emplois ).Le patron du groupe Rossel a-t-il abandonné des jetons de présences ou diminué son salaire?
Pourquoi ne pas demander au employer de travailler moins et de gagner moins bien sur, plutot que d'envoyer une 50 de personne grossir les rangs des chomeurs