Des différends internes empêchent la Comission européenne d'avaliser le rachat de Austrian Airlines par Lufthansa. En cause: une subvention publique qui doit accompagner la transaction.
Bruxelles (afp) - La Commission européenne va reporter de deux semaines sa décision, attendue pour le 1er juillet, sur le rachat de la compagnie aérienne autrichienne Austrian Airlines (AUA) par le groupe allemand Lufthansa, en raison de différends internes, selon le quotidien Standard lundi.
Le journal autrichien fait état de divergences entre le Commissaire aux Transports, Antonio Tajani, et sa consoeur à la Concurrence, Neelie Kroes, notamment au sujet de la subvention publique de 500 millions d'euros qui doit accompagner la transaction.
M. Tajani juge que cette subvention revient moins cher à l'Etat autrichien que toute autre formule (restructuration, liquidation ou dépôt de bilan) et a donné son feu vert à la vente dans un document que s'est procuré le Standard.
Mais Mme Kroes y a opposé son veto et a estimé que la subvention ne pouvait être acceptée que dans le cadre d'une restructuration en profondeur d'AUA, accompagnée d'une réduction importante de son périmètre, selon le journal.
La Commission devrait en conséquence annoncer mi-juillet une procédure d'examen approfondi qui retardera d'autant l'épilogue, estime le Standard.
Lufthansa a indiqué à plusieurs reprises qu'il renoncerait au rachat si la subvention ne pouvait pas être accordée ou si l'envergure d'AUA, numéro un en Europe centrale, devait être trop rognée.
Lufthansa a conclu en décembre avec Vienne un accord pour le rachat de la part publique (41,56%) de AUA pour la somme symbolique de 366.000 euros, assorti d'une subvention de 500 millions d'euros couvrant environ le tiers de la dette de la compagnie nationale autrichienne. Le groupe allemand s'est déjà virtuellement assuré près de 90% du capital grâce à une OPA.
Les modalités de la privatisation ont été attaquées par plusieurs groupes concurrents, notamment Air France-KLM, British Airways, Ryanair et AirBerlin/Niki, qui dénoncent une distorsion du marché.
Selon les estimations, une restructuration pour que AUA puisse continuer à voler de ses propres ailes (stand-alone) coûterait au moins 840 millions d'euros à l'Etat autrichien, une liquidation jusqu'à 1,4 milliard, et un dépôt de bilan au moins 620 millions.