18:58 - 21 décembre 2011 par Catherine Kurzawa

La BCE jette un froid sur les marchés

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Après avoir affiché de belles hausses en réaction au succès de l'opération de refinancement des banques par la BCE, les Bourses reculaient, mercredi après-midi, s'inquiétant de l'importance du montant prêté aux institutions financières. L'euro a suivi le mouvement: il repart à la baisse face au dollar.
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). © Hannelore Foerster
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). © Hannelore Foerster

Les marchés ont évolué au gré des analyses entourant la dernière annonce de la Banque centrale européenne (BCE), ce mercredi. L’institution a prêté pour près de 490 milliards d’euros aux banques du Vieux continent. Après s’être réjouis du succès de l’opération, les investisseurs ont changé leur fusil d’épaule, inquiêts de l’importance du montant en jeu. En outre, des rumeurs de rachat de dette italienne par la BCE sur le marché secondaire ont pesé sur les principaux indices.

Résultat : à la clôture, les Bourses européennes ont affiché des scores négatifs. Amsterdam s’est replié de 0,33%, à 300,80 points. Londres a reculé de 0,55%, à 5.389,74 points tandis que Paris a dévissé de 0,82%, à 3.030,47 points. A Francfort, le Dax a perdu 0,95%, à 5.791,53 points.

A Bruxelles, le Bel 20 a encaissé une perte de 1,16%, à 2.026,32 points.  Omega Pharma a enregistré la meilleure progression, de 1,37% à 34,76 euros. Quant au titre Dexia, il a chuté de 6,74%, à 0,32 euro, dans le sillage de sa mise sous surveillance négative par Fitch et de l’action en justice lancée à son encontre par Lynx Capital.

Le Stoxx 600, qui reprend des entreprises de moyenne et petite capitalisation de 18 pays européens, a pour sa part reculé de 0,56%, à 237,18 points. Seul le compartiment des valeurs automobiles a terminé la séance en vert : de 0,51% (à 259,50 points).

La BCE au centre des attentions

Alors que les analystes évaluaient à 250 milliards environ la demande des banques européennes à la BCE, cette dernière a finalement prêté 489 milliards d’euros, à un taux de 1%. Il s'agit de sa première opération de refinancement illimité à trois ans, conçue pour contrer un tarissement du crédit interbancaire.

"Les tensions interbancaires sont très importantes"

Xavier de Villepion

Vendeur d'actions chez Global Equities

Le succès de cette opération s’est d’ailleurs fait ressentir sur les marchés, où les indices ont tous augmenté leurs gains. Mais ensuite, l’euphorie a fait part à l’inquiétude.

Les investisseurs se sont en effet questionnés sur l’impact à long terme de ce prêt de la BCE. Cette manœuvre témoigne du degré de paralysie du marché interbancaire, et du risque qu’elle ne débouche pas sur des rachats d’obligations souveraines.

"La question de l'impact à long terme de ces opérations reste ouverte, sachant que l'appétit des banques pour les obligations d'Etat est limité dans la mesure où elles doivent réduire leur risque et leurs volumes dans les bilans. Dans quelle mesure cela va-t-il encourager les banques privées à acheter des obligations ou à conserver leurs positions existantes et alléger la pression sur la BCE", commente Anita Paluch, trader chez Gekko Global Markets.

Et si les conséquences de l’opération posaient question, son montant a également interpellé les investisseurs. "Le montant très important inquiète et montre que les tensions interbancaires sont très importantes", a commenté Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities.
Les analystes d'ING doutaient pour leur part "que l'argent débloqué serve massivement à acheter des dettes des pays européens jugés les plus fragiles".

© Nir Elias
© Nir Elias

Autre élément : des rumeurs de rachat de dette italienne par la BCE ont circulé dans les salles de marchés, ce mercredi. Les courtiers ont à ce propos souligné le scepticisme entourant la capacité des Européens à contenir la crise de la dette.  

Et si l’heure n’a pas été à la fête sur les marchés, soulignons que ce recul des marchés doit être relativisé : le volume des transactions a été très faible, fêtes de fin d’années obligent.

Du côté de l’euro, la monnaie unique a atteint un pic de 1,3197 USD, après l’annonce du succès de l’opération de refinancement de la BCE. Mais ensuite, l’euro est reparti à la baisse, de 0,36% à 1,3035 dollar.

ECONOMIE/POLITIQUE

  • BELGIQUE

- Le baromètre de conjoncture a quelque peu progressé en décembre. L’indicateur mensuel de la BNB gagne 1,6 point en décembre. Il s’affiche désormais à -10,6, contre -12,2 en novembre. La confiance des chefs d’entreprise s’est renforcée dans l’industrie manufacturière ainsi que, dans une plus forte mesure, dans la construction et, surtout, dans le commerce. Dans chacune de ces trois branches d'activité, les perspectives de demande ont été jugées plus favorables. En revanche, dans les services aux entreprises, où l’indicateur s’était fortement redressé le mois précédent, le climat des affaires s'est stabilisé. Bémol: la courbe synthétique globale lissée, qui reflète la tendance conjoncturelle sous-jacente, reste orientée à la baisse.

  • JAPON

- Le Japon a déploré le mois dernier un nouveau déficit commercial, le pire pour un mois de novembre, à cause d'une hausse des importations de produits énergétiques et d'une baisse des exportations engendrée par la piètre conjoncture mondiale. La chute de 4,5% sur un an des exportations à 5.197,7 milliards de yens (51,2 milliards d'euros), conjuguée à la hausse de 11,4% des importations à 5.882,4 milliards de yens (près de 58 milliards d'euros), a engendré un déficit de 684,7 milliards de yens (6,75 milliards d'euros) en novembre, après un solde négatif de 273,8 milliards de yens (2,6 milliards d'euros) en octobre.
- La Banque centrale du Japon (BoJ) a dégradé mercredi son diagnostic économique et conservé son taux directeur au jour le jour dans la fourchette de 0,0 et 0,1%, soulignant les risques liés à la crise d'endettement en Europe dont les effets rejaillissent à l'échelle mondiale.

  • ETATS-UNIS

- Les ventes de logements anciens ont été meilleures que prévu en novembre : elles ont augmenté de 4%, contre 1,4% en octobre. Les analystes tablaient sur une progression de l'ordre de 1,9%.

  • GRANDE-BRETAGNE

- La Banque d'Angleterre (BoE) a opté à l'unanimité pour le statu quo sur son taux directeur et pour le maintien du total de ses rachats d'actifs en décembre, selon les minutes de la dernière réunion de son Comité de politique monétaire (CPM) publiées mercredi.

  • ITALIE

- L'économie italienne s'est contractée de 0,2% au troisième trimestre par rapport au deuxième, en raison de la chute de la demande intérieure, ce qui devrait, selon les analystes, plonger le pays dans une récession prolongée.
Sur un an, le produit intérieur brut (PIB) italien a été en croissance de 0,2%, a précisé mercredi l'institut national des statistiques Istat.  Ces chiffres sont inférieurs aux attentes des marchés. Selon une enquête menée par Reuters, les analystes attendaient une baisse de 0,1% en variation trimestrielle et une hausse de 0,5% en variation annuelle.

VALEURS

COFINIMMO
- La société immobilière belge cotée spécialisée en immobilier de location a investi 107,6 millions d'euros dans l'acquisition en partenariat de 285 agences et bureaux du groupe français d'assurances MAAF. Il cède en parallèle le parc de bureaux anversois Citylink pour 63,17 millions d'euros à Mercator Verzekeringen.
- Fin 2010, les bureaux représentaient encore 53,7 % du portefeuille de Cofinimmo. Les opérations annoncées mercredi font passer ce pourcentage sous la barre des 50 % (48,8 %).

UCB
- Le groupe biopharmaceutique UCB a annoncé mercredi le lancement d'une étude clinique "Exxelerate" visant à évaluer l'efficacité à court et à long terme du Cimzia, son nouveau traitement contre l'arthrite rhumatoïde modérée à sévère, par rapport au médicament de son concurrent Abbott, l'Humira.
- L'étude "Exxelerate" vise pour l'essentiel à comparer l'efficacité des deux thérapies sur des traitements à court (12 semaines) et à long terme (104 semaines).
- En 2010, les ventes de Cimzia ont totalisé 198 millions d'euros (ou 279 millions de dollars). En comparaison, l'Humira d'Abbott s'est écoulé à quelque 6,5 milliards de dollars l'année passée. Mais l'entreprise belge place beaucoup d'espoirs dans son nouveau médicament, qu'elle estime pouvoir écouler à hauteur de 1,2 milliard de dollars en 2014.

KBC/DEXIA
- Fitch Ratings a placé mardi soir la note A d’émetteur à long terme de la banque KBC, du groupe KBC et de Dexia Banque Belgique sous surveillance négative. L’agence a également révisé la perspective de la note A+ de Dexia à négative contre stable avant.

ASCENCIO
- La sicafi a conclu l'acquisition de deux magasins exploités sous l'enseigne "Grand Frais". L'investissement porte sur un montant de 5,7 millions d'euros.

BANIMMO
- Banimmo a indiqué par voie de communiqué qu'il n'atteindrait pas le résultat prévu pour l’exercice en cours. En cause, le report d'une des trois transactions prévues cette année. L'opération, qui portait sur un actif comptabilisé en stock à sa valeur historique, aurait généré une plus-value comptable explique la Sicafi. La valeur intrinsèque des fonds propres par action n’est pas affectée, précise le groupe immobilier.
- Seules deux transactions ont pu être réalisées. Banimmo a cédé un immeuble de bureaux situé Lange Lozanastraat à Anvers, à la caisse commune d’assurance Integrale. La transaction a été conclue sur base d’une valeur d’actif de 15,452 millions d'euros. En France, Banimmo a également finalisé la vente d’une cellule commerciale de 2.290 mètres carrés, située près d’Orléans. Le montant de la transaction s’élève à 2,65 millions d'euros.

GALAPAGOS
- Galapagos lance la Phase 1 de l'étude clinique pour le GLPG0974. Il s'agit d'un inhibiteur du GPR43, procédé totalement novateur pour combattre les maladies inflammatoires. Galapagos a découvert la target relative à ce candidat médicament avec sa propre technologie.
- L'étude se fera sur des candidats sains.
- Vu que GSK a décidé de rétrocéder tous les droits sur le GPR43 à Galapagos, la firme belge ne recevra pas de paiement intermédiaire pour le démarrage de cette étude.

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