11:27 - 05 août 2011 par David Collin & François Remy

Panique sur les marchés: plus forte chute depuis juin 2009 pour le Bel 20

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Les rachats de dettes étatiques annoncés par la BCE n’y ont rien fait: l'Europe boursière a littéralement dégringolé. L'émission obligataire du Trésor espagnol avait rappelé que la crise de la dette souveraine est loin d'être finie tandis que les statistiques américaines ont accrédité la thèse d'un sérieux freinage de la première économie du monde.

Neuvième baisse consécutive! D’importants niveaux techniques ont volé en éclats (exit les 3.400 points de l’indice parisien, les 5.500 points du baromètre londonien, etc). Malgré l'esquisse d'un rebond en début de séance, les marchés ont vite été happés par un mouvement de dégagement qui n'a eu de cesse de s'accentuer dès l’ouverture en forte baisse de la Bourse de New York. La situation des marchés a poussé le président Nicolas Sarkozy à s'entretenir jeudi dans la soirée avec Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne. Demain des réunions sont prévues avec Angela Merkel et José Luis Rodriguez Zapatero.
 
La série de mauvaises nouvelles concernant l'économie américaine s'est poursuivie jeudi avec le maigre recul des nouvelles inscriptions au chômage lors de la dernière semaine de juillet. Les investisseurs, très inquiets de la mollesse de la croissance US, redoutent désormais les chiffres mensuels de l’emploi attendus ce vendredi.

L'émission obligataire menée en fin de matinée par le Trésor espagnol était déjà venue rappeler aux intervenants que la crise de la dette souveraine est loin d'être finie.

La conférence de presse de Jean-Claude Trichet n'a rien enlevé à la nervosité des opérateurs. La Banque centrale européenne va pourtant lancer une opération exceptionnelle de refinancement sur six mois le 9 août, en réaction aux "tensions renouvelées sur certains marchés de la zone euro", a annoncé aujourd'hui son président.

L'indice Stoxx 600 a finalement perdu 3,42% à 243,33 points, dans un marché plombé par l'effondrement des secteurs cycliques. L’indice générique s’échange actuellement à 10 fois les prévisions bénéficaires des entreprises cotées en son sein, soit sa plus faible valorisation depuis mars 2009.

Le secteur des actions liées aux matières premières a emmené les baisses européennes (-5,5%) dans le sillage de Rio Tinto. Le titre de l'imposant groupe minier anglo-australien a cédé plus de 9%. L'annonce d'un bénéfice semestriel en hausse de 30% assortie d'une rallonge de 2 milliards de dollars d'un programme de rachat d'actions n'a pas suffi à convaincre les investisseurs.

Le secteur de l'agroalimentaire a longuement été le seul à se maintenir dans le vert mais a été rattrapé par la lame baissière. En son sein, le titre Unilever a tout de même arraché à la tendance négative une appréciation de 2,73%. Le géant anglo-néerlandais de l'alimentation et des cosmétiques a publié pour le premier semestre 2011 un bénéfice net part du groupe en hausse de 10% en glissement annuel, grâce notamment à une hausse des ventes dans les pays émergents.

 
Sur le marché parisien, l'indice Cac 40 a fini sur une perte de 3,90% à 3.320,35 points, au plus bas depuis juillet 2009. A la Bourse de Londres, l'indice Footsie 100 a cédé 3,43% pour s'établir à 5.393,14 points, son plus mauvais score depuis le 2 septembre dernier. L'indice Dax des trente valeurs vedettes francfortoises s'est enfoncé de 3,40% à 6.414,76 points, soit son plus bas niveau de l'année. Il a ainsi perdu plus de 10% depuis le début de la semaine.

A Bruxelles, l'indice Bel 20 a rétrogradé de 2,94% à 2.223,67 points, sa plus forte dépréciation depuis le 29 juin 2010. Echappée belle pour l'action Colruyt (+0,49% à 33,60 euros) alors que 18 composants ont perdu plus de 1,4%. Par contre, le climat ne s'adoucit guère pour les valeurs industrielles et c'est un euphémisme. Le titre Nyrstar a sombré de 7,70%, enfonçant la barre symbolique des 8 euros (7,53). Le titre Bekaert poursuivait son évaporation (-4,93% à 35,60 euros).

Hors indice, à la veille de ses résultats semestriels, le titre Galapagos a plongé de 10% à 6,4 euros, son niveau le plus bas depuis son introduction en Bourse qui remonte à 2005.


Tout n'était pas rouge en Bourse ce jeudi. Mais l'effet positif des publications semestrielles de certains grands noms a été relégué aux oubliettes. Le réassureur helvétique Swiss Re, numéro deux mondial, a pris plus de 4% après avoir dégagé au deuxième trimestre un bénéfice en hausse de 18,2% à 960 millions de dollars (672,1 millions d'euros), notamment grâce à une baisse des sinistres. Le groupe suisse s'est dit en bonne voie pour atteindre ses objectifs.

Toujours dans le secteur financier, ING (-5,39%) et Axa (-2,66%) n'ont guère profité de l'annonce de leurs chiffres. Lloyds Bank s'est délesté de plus de 10%.  La banque britannique, en partie détenue par l'Etat, a plongé dans le rouge au 1er semestre 2011, sous l'ampleur des compensations pour des ventes forcées d'assurances et confirmé la suppression de 15.000 postes d'ici 2014.


AGENDA


LONDRES
-  La Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu jeudi, comme attendu, son taux directeur à 0,5% et la suspension de son programme de rachats d'actifs dont le montant a été épuisé en janvier 2010, à l'issue de sa réunion mensuelle de politique monétaire. Comme à son habitude, la banque centrale britannique n'a fait aucun commentaire immédiat sur sa décision, ce qui conduira les observateurs à scruter avec attention la publication des minutes de cette réunion, prévue le 17 août.

ALLEMANGE
- La Banque centrale européenne (BCE) a sans surprise laissé jeudi son taux directeur inchangé à 1,50%, a annoncé l'un de ses porte-parole. Cette pause dans le resserrement de sa politique monétaire était attendue par marchés et économistes, qui attendent avec davantage d'impatience les déclarations sur la crise de la dette en zone euro de son président, Jean-Claude Trichet, lors de la conférence de presse qui doit débuter à 14h30

- Les commandes à l'industrie allemande ont grimpé de 1,8% sur un mois en juin, selon un chiffre provisoire publié jeudi et qui a positivement surpris. Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient un recul de cet indicateur corrigé des variations saisonnières. Le chiffre de mai a en revanche été révisé en légère baisse, à +1,5%, contre +1,8% annoncé initialement.

ESPAGNE
- Le Trésor espagnol a émis jeudi pour 3,311 milliards d'euros d'obligations à 3 et 4 ans, en offrant des rendements en forte hausse par rapport aux dernières émissions. La demande a cependant été importante, atteignant 7,4 milliards d'euros, soit le double de l'objectif fixé qui était de lever 2,5 à 3,5 milliards.  Les rendements offerts ont particulièrement progressé sur l'émission à 4 ans, à 4,984% contre 2,862% lors de la dernière émission comparable. Mais il faut noter que celle-ci avait eu lieu le 15 octobre 2009. Sur celle à trois ans, le rendement a aussi augmenté, à 4,813% contre 4,037% lors de la dernière émission de cette échéance, le 2 juin. Il est toutefois inférieur au rendement observé sur le marché, les obligations espagnoles à trois ans ayant clôturé mercredi à 5,090%.

ETATS-UNIS
- Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement baissé lors de la semaine achevée au 30 juillet, à 400.000 contre 401.000 (révisé) la semaine précédente.  Les économistes attendaient en moyenne 405.000 inscriptions au chômage. Les inscriptions de la semaine au 23 juillet ont été révisées en hausse par rapport à une estimation initiale de 398.000. La moyenne mobile sur quatre semaines s'établit à 407.750 contre 414.5000 (révisé) la semaine précédente. Le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 3,73 millions lors de la semaine au 23 juillet (dernière semaine pour laquelle ces chiffres sont disponibles) contre 3,72 millions la semaine précédente.


VALEURS A SUIVRE


UMICORE
- Porté par ses divisions Recycling et Catalysis, Umicore affiche des résultats records au premier semestre. L’Ebit récurrent du groupe de chimie et de métaux a grimpé de 15% à 215 millions d’euros. La direction d'Umicore prévoit également une année "record".
- KBC a réduit son objectif de cours sur la valeur à 39 euros contre 43 euros avant. L’avis passe à " accumuler " contre " acheter " avant.

D'IETEREN
- Avis Europe a fait état d'un bénéfice après impôt de 8 millions d'euros lors des six premiers mois de l'exercice en cours. La société de location de véhicules retrouve le vert après une perte de 3,7 millions d'euros l'an dernier. Les revenus des locations sont de 570 millions d'euros au premier semestre 2011, contre 539 millions lors de la même période en 2010 (+5%).

DEXIA
- Publication des résultats trimestriels, après Bourse.

FLUXYS
- Le gestionnaire du réseau belge de transport de gaz, la société Fluxys, s'apprêterait à finaliser l'acquisition de deux gazoducs appartenant à l'lItalien Eni. Si le rachat des deux gazoducs d'Eni se concrétise, c'est Fluxys G et non Fluxys, qui réaliserait l'opération.
- Fluxys G est le holding du groupe, détenu à 90% par Publigaz et à 10% par la Caisse de dépôt et placement du Québec, où sont logées les activités internationales de Fluxys. C'est lui qui réaliserait l’opération, si elle réussit, et non Fluxys S.A., la société belge cotée, dont Fluxys G est actionnaire à 89,97%.

GBL
- SoGen a réduit son avis sur la valeur à " conserver " contre " acheter " avant.

OMEGA PHARMA
- Publication des résultats trimestriels après Bourse

RHJ International
- Le propriétaire de Kleinwort Benson Group Plc devrait récupérer 20,5 millions d’euros du prêt accordé à sa filiale insolvable Honsel AG.
- RHJ International a revu son objectif de cours sur la valeur à 5,5 euros contre 5,7 euros avant. L'avis reste à "accumuler".

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