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Stan Beckers: "Au cours de ma carrière, je n'ai jamais demandé une augmentation de salaire"

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 © Dieter Telemans
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Guillermo Guiz: "L'addiction à l'argent détourne les gens de leur humanité"

  • 26 mars 2017 08:00

Guillermo Guiz/35 ans/Ancien journaliste/Chroniqueur radio sur La Première et sur France Inter /Humoriste/Présente son stand up "Guillermo Guiz a un bon fond" à Paris jusqu’en juin 2017 et au TTO à partir du 17 mars/Plutôt cigale/Se méfie du pouvoir nuisible de l’argent.

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Que faites-vous avec votre argent?

J’ai toujours été "cigale". L’argent que je gagne, je le dépense. Je ne suis pas un épargnant. J’ai beaucoup de mal à me projeter. Je ne me prépare d’ailleurs pas au futur, à la pension. Je me dis que d’ici là, il y aura bien quelque chose qui fera en sorte que ça s’arrange…

Vous n’investissez pas?

"Je ne crache pas sur l'argent que je gagne. Mais plus je grandis, plus je suis effaré par les inégalités sociales."

Je n’ai pas de compte épargne, pas d’immobilier et pas d’investissements en Bourse. C’est idéologique: je suis contre l’idée que l’argent produise de l’argent, que l’on puisse obtenir de l’argent sans rien faire même si je sais qu’investir en Bourse ce n’est pas "rien" faire, cela demande un certain flair. Je n’ai aucune intention de le faire un jour.

Quel comportement lié à l’argent vous insupporte?

LE CONSEIL

"Lorsque vous donnez de l’argent à un mendiant, essayez de vous rappeler combien vous avez donné au videur de la boîte de nuit la dernière fois que vous êtes sorti."

Je ne comprends pas l’accumulation. C’est une addiction qui est nuisible, car cela détourne les gens de leur véritable place dans le collectif. L’argent est un facteur d’individualisation extrême qui donne naissance à des situations inconcevables: certains accumulent pendant que d’autres ont la dalle. L’accumulation détourne les gens de leur humanité. Quand je vois un Axel Witsel qui part en Chine pour 18 millions d’euros par an. 18 millions? Que peut-on bien faire avec 18 millions? Que peut-on faire dans une maison à 18 millions? C’est hallucinant.

Vous comprenez la peur de manquer?

À partir d’un certain niveau d’argent, la peur de manquer est une maladie. Dans un monde qui est régi par cette logique d’accumulation, cet objectif est perçu comme normal et rationnel, alors que l’argent n’est qu’une convention sociale. Cela ne vaut rien en soi.

Vous n’aimez pas l’argent?

En 5 chiffres

 

7

"Mon chiffre fétiche, comme 92% de la population. Je le portais tout le temps au foot."

1947

"La date de naissance de mon père, qui a tout donné dans sa vie pour que je devienne quelqu’un de correct."

35

"Mon âge canonique. Je fais moins, me disent les bienveillants. Mais je le sens les lendemains de veille."

2013

"L’année où j’ai démarré le stand-up, qui a complètement changé ma vie."

7 milliards

"Comme le nombre d’individus qui sont sur cette planète, et qui devraient réaliser à quel point ils sont interconnectés."

Je ne crache pas sur l’argent que je gagne. Mais plus je grandis, plus je suis effaré par les inégalités sociales. Alors vous me demanderez ce que je fais pour y remédier? Je ne suis pas un militant de terrain, mais j’essaie de maîtriser ma posture intellectualisante et mon hypocrisie. Ma contribution, c’est de réfléchir à la question, d’exprimer certaines choses au travers de mes chroniques, de mes interventions publiques. Si j’ai fait réfléchir deux personnes, c’est déjà mieux que zéro personne. Et en même temps, je peux claquer beaucoup d’argent en une nuit de sortie… Cette posture est compliquée, j’y réfléchis beaucoup.

Quelle a été votre éducation financière?

J’ai été élevé dans l’idée que l’argent est potentiellement nuisible. J’ai grandi dans la méfiance de la richesse et de la bourgeoisie. C’est quelque chose qui me travaille. Mon prochain spectacle parlera sans doute de mon rapport à l’argent.

Que feriez-vous si vous deveniez très riche du jour au lendemain?

J’ai galéré financièrement toute ma vie. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. C’est un confort génial, parce que le manque d’argent génère de la frustration et des angoisses… Mais si je devenais très riche, je ne sais pas ce que je ferais. Sûrement quelque chose d’utile. Ce monde est tellement plein d’inégalités, à tous les niveaux. Il y a tellement d’injustices que l’on pourrait passer sa journée à s’indigner. Je découvre de nouvelles causes à défendre chaque jour, c’est terrible.

Avez-vous des loisirs coûteux?

Je pars très peu en vacances. Mais je sors pas mal en boîte. J’aime acheter des vêtements. Et des livres, trop de livres. Et je commence à apprécier le bon vin.

Vous mangez bio, local?

Non, je ne fais pas l’effort. En fait, le problème des légumes bio, c’est que je ne les reconnais pas. Je ne sais pas ce que c’est, et forcément je ne sais pas les cuisiner. Je mange beaucoup dehors compte tenu de mon mode de vie. Mais plus je grandis, plus je fais attention à la qualité de ce que je mange. J’ai été une fois dans un restaurant étoilé, chez Bonbon. C’était fantastique.

Y a-t-il des choses que vous trouvez trop chères?

Clairement, les transports en commun. Cela devrait être gratuit. Si la politique de mobilité "propre" est une priorité, alors il faut faire un effort sur l’attractivité. On ne peut pas continuer à demander 2,5 euros pour trois arrêts de métro…

Dans son portefeuille

"Je n’ai pas de portefeuille. Mon père n’en avait pas non plus. Il m’a toujours dit qu’un portefeuille, ça se volait trop facilement. Alors, j’ai toutes mes cartes dans ma poche. Elles s’usent très vite, on ne voit presque plus rien sur ma carte de banque".

 © Dieter Telemans © Dieter Telemans
Source: L'Echo

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