La bataille pour la prise d'ABN Amro s'intensifie

Après Barclays, c'est au tour de Fortis, Royal Bank of Scotland et Banco Santander (CSH) de s'unir et d'envisager un rachat d'ABN Amro alors que pendant ce temps la banque américaine JP Morgan envisagerait pour sa part de racheter... Barclays

(afp) La bataille pour la prise de contrôle d'ABN Amro s'intensifie, un consortium de trois banques européennes ayant approché le groupe néerlandais, actuellement valorisé à plus de 60 milliards d'euros et qui est déjà convoité par Barclays.

"Fortis, Royal Bank of Scotland et Banco Santander (CSH) peuvent confirmer qu'elles ont envoyé une lettre commune" au groupe néerlandais, dans laquelle elle disent vouloir engager des discussions en vue de "déposer une proposition d'acquisition d'ABN Amro", selon un communiqué des trois établissements. Les trois banques précisent avoir demandé à pouvoir procéder, comme Barclays, à un examen détaillé des comptes (due diligence) du groupe néerlandais, mais précisent qu'"il n'y a aucune certitude" que les discussions éventuelles qui pourraient s'ouvrir avec ABN Amro "aboutiront à une transaction".

Pour sa part, ABN Amro a promis que sa direction et son conseil de surveillance allaient "étudier la lettre avec soin, conformément à leurs responsabilités", mais rappelé dans le même temps qu'ABN Amro restait à ce stade en négociations exclusives avec le britannique Barclays en vue d'un éventuel rapprochement. La clause d'exclusivité de ces tractations, menées depuis maintenant trois semaines, arrivera toutefois à échéance le 18 avril.

Selon le quotidien britannique Daily Telegraph, qui a révélé l'information vendredi matin, la deuxième banque britannique Royal Bank of Scotland, le premier groupe bancaire espagnol SCH et l'établissement belgo-néerlandais Fortis veulent en fait démanteler ABN Amro dans le cadre de cette contre-attaque face au projet d'OPA de Barclays.

Royal Bank of Scotland, qui n'a selon le journal pas encore fixé de prix pour ABN Amro avec ses deux partenaires, convoiterait surtout les opérations du groupe néerlandais aux Etats-Unis, LaSalle, tandis que SCH lorgnerait sur les activités italiennes et brésiliennes.

Fortis serait intéressé par les activités d'investissement, qui incluent la maison de courtage Hoare Govett à Londres, poursuit le Telegraph.

Ces informations interviennent alors que selon des rumeurs de marché, la banque américaine JP Morgan envisagerait pour sa part de racheter Barclays pour 850 pence par action, soit près de 56 milliards de livres ou 82 milliards d'euros au total.

Selon le Financial Times, le projet de fusion entre Barclays et ABN Amro s'avère plus difficile à finaliser que prévu. Or, un report de son lancement empêcherait ABN Amro de promouvoir l'opération auprès de ses actionnaires institutionnels avant l'assemblée générale de la banque prévue le 26 avril. Un porte-parole de Barclays n'a pas souhaité faire de commentaires.

Le fait est qu'ABN Amro a prévenu fin mars vouloir examiner des alternatives si ses discussions en vue d'une fusion avec la banque britannique Barclays échouaient. Le groupe néerlandais a été poussé à chercher un rapprochement par des fonds présents à son capital, en particulier The Children Investment Fund (TCI) qui détient un peu plus de 2% du capital et prône un démantèlement du groupe.

Ce dernier s'est félicité vendredi de l'offre des trois banques européennes et a exigé de la direction qu'elle réponde "positivement" à leur requête".

Ces fonds invoquent l'intérêt des actionnaires, lésés selon eux par la stagnation de l'action ABN depuis l'arrivée de la direction en mai 2000, comparé au gain boursier moyen de 44% de ses rivales européennes sur la période. Ils ont au moins sur ce plan atteint leur objectif, puisque le cours a depuis cette offensive gagné plus de 20%.

TCI est loin d'être le premier venu en matière d'activisme financier. Il avait fait ses preuves en mai 2005 en obtenant la démission des dirigeants de Deutsche Börse, Werner Seifert et Rolf Breuer, après avoir rallié des actionnaires contre leur tentative de rachat du London Stock Exchange.

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