La fusion Barclays / ABN Amro ne semble pas si simple

Certes, elle permettrait d'arriver à une taille considérable mais qu'en est-il au niveau des synergies possibles?

(l'écho) L'information a fait le plein dans les pages économiques des quotidiens européens. Barclays et ABN Amro sont bel et bien en discussions en vue de créer un géant bancaire tant européen que mondial. En effet, selon le «Financial Times», l'acquisition d'ABN Amro propulserait Barclays dans le top5 mondial des banques en termes de capitalisation boursière contre l'actuelle 15e position.

Pourtant, outre cette remontée dans le classement, les analystes se montraient mitigés quant au potentiel qu'une telle opération pourrait générer.

«Le potentiel de cette transaction est d'abord une question de croissance et pas de réductions de coûts», indique Mike Trippitt de Oriel Securities.

Le montant énoncé de l'offre varie entre 31 et 35 euros l'action, pourtant l'analyste affirme que pour une offre de 33 euros l'action ABN Amro, Barclays devrait réduire ses coûts de 1,5 à 2 milliards de livres sterling (entre 2 et 3 milliards d'euros) pour atteindre un bénéfice en équilibre à l'horizon 2009. «Difficile, mais probable», poursuit-il.

Toutefois, selon John Paul Crutchley, de chez Merrill Lynch, cette réduction des coûts pourrait être effectuée par une vente d'activités non conforme aux business. Or Barclays et ABN ont peu de chevauchements géographiques dans la branche banque de détail et de ce fait de faibles possibilités de sabrer dans les coûts.

Les options avancées:

  • Aux Etats-Unis: la vente de la banque américaine LaSalle a déjà été évoquée à plusieurs reprises auparavant. Dans le dossier Barclays, l'enseigne pourrait tout aussi bien être maintenue dans le giron du nouveau géant bancaire ou vendue. Bank of America réfléchirait au dépôt d'une éventuelle offre. LaSalle pourrait être valorisée entre 18 et 23 milliards de dollars.
  • En Italie: ABN Amro a, après une lutte acharnée, décroché la clé d'Antonveneta. Un marché italien considéré comme un vecteur de croissance qui devrait le rester pour le nouveau groupe qui aurait même les reins assez solides pour acquérir Capitalia, dont ABN est déjà un actionnaire important.
  • Au Brésil, un des joyaux d'ABN s'appelle ABN's Banco Real. Le Néerlandais a récemment pris la décision de se recentrer sur la banque en vendant Real Seguros insurance. Quoi qu'il en soit, vendre Banco real ne devrait pas être très difficile compte tenu du fait qu'il offrira à l'acheteur potentiel un accès au marché brésilien et à celui d'Amérique latine.
  • Outre la banque de détail, Barclays et ABN sont également présents dans le pôle «banque d'investissement». Ici les chevauchements sont plus frappants et pourraient faire l'objet des principales synergies.

    Les deux enseignes sont en effet actives toutes deux dans le marché du crédit et le marché des capitaux.

    Ce dernier créneau d'activités pourrait être difficile à intégrer.

  • Enfin, ABN Amro détient encore 40% de la banque saoudienne Saudi Hollandi Bank, une banque qui suscite l'intérêt de Standard Chartered et la Libanaise Banque Audi.

Les deux enseignes sont en effet actives toutes deux dans le marché du crédit et le marché des capitaux.

Ce dernier créneau d'activités pourrait être difficile à intégrer.

D.Li. avec Reuters

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