Saga ABN Amro - épisode 5: la néerlandaise a rendez-vous avec ses actionnaires

Hier soir, ABN Amro a accueilli favorablement la proposition du consortium Royal Bank of Scotland - Banco Santander - Fortis. Elle a décidé de lui ouvrir ses comptes. Suite de la saga cet après-midi, avec l'assemblée générale des actionnaires prévue à 14h00. Le feuilleton ABN Amro déchaîne les passions des milieux intéressés, avec de nombreux rebondissements à la clé.

(L'écho) L'été est en avance. Les sagas qui l'accompagnent également. Le dossier ABN Amro revêt en effet toutes les allures du nouveau feuilleton qui va tenir en haleine les marchés financiers. Mariage, divorce, suspens, renoncement et surtout gros sous. Très gros sous.

Résumé du dernier épisode. ABN Amro, qui a annoncé en début de semaine son prochain mariage avec le Britannique Barclays et la vente de son bras américain LaSalle à Bank of America, a fait parvenir un courrier nocturne au consortium Royal Bank of Scotland- Banco Santander-Fortis dans laquelle elle l'invitait à lui formuler une proposition qu'elle ne pourrait pas refuser... Ce que trop heureux, le trio s'est empressé de faire. En ne lésinant pas sur les moyens.

C'est une offre qui évalue ABN Amro à 72 milliards d'euros (39 euros par action) que se propose de formuler le consortium. Soit 13% de mieux que les 67 milliards déposés dans la corbeille par les Britanniques. Autre argument massue: l'offre comprend une partie cash (70%), le solde étant composé d'actions RBS, là où la version Barclays ne comprenait qu'un échange de titres.

Histoire de compliquer un brin le scénario, le trio a posé d'emblée une condition sine qua non. La vente de LaSalle à Bank of America doit être annulée. Purement et simplement. L'actif américain est, rappelons-le, le morceau de choix que Royal Bank of Scotland rêve de voir tomber dans son escarcelle. En tout cas selon les afficinados de la série. Car les nouveaux héros du feuilleton n'ont à ce stade rien voulu dévoiler de leurs intentions en matière de démantèlement. Pas même au cours d'une conférence organisée à la hâte et qui n'a éclairé d'aucun jour nouveau l'intrigue.

Mais, rien n'étant jamais simple, rappelons que si ABN Amro fait volte-face et décide finalement de ne pas vendre LaSalle à Barclays, elle devra débourser 200 millions de dollars en guise de dédommagement pour la banque américaine. Une paille comparé aux 21 milliards de dollars auxquels sont évalués ces actifs US.

Comme dans toute bonne série qui se respecte, chacun trépigne maintenant pour connaître la suite. Des indices ont déjà été essaimé dans l'épisode du jour.

Ainsi, le fonds activiste TCI, qui détient environ 3% du capital d'ABN Amro a demandé au conseil d'administration de l'établissement néerlandais d'ouvrir grand ses livres au consortium et de recommander l'offre du trio... Quand on connait le poids de TCI dans ce dossier, l'information est loin d'être négligeable. Autre indice: l'invitation envoyée par ABN Amro au consortium pour venir lui présenter de vive voix les modalités concrètes de leur proposition, ce mercredi soir à Amsterdam.

Nul doute que c'est lors de ce huis-clos qu'une série de questions, comme le démantèlement d'ABN Amro, les conséquences sociales du rachat ou les synergies potentielles seront abordées.

On connait également déjà la date et le lieu du prochain épisode: ce jeudi à La Haye, à 14h00, où se tient l'assemblée générale de la principale protagoniste de la saga. On annonce déjà l'épisode comme mouvementé et riche en rebondissements...

Une partie de l'intrigue pourrait également venir d'outre-Manche, si Barclays décidait de jouer son va-tout pour emporter la belle et se lançait dans la surenchère. Mais il se murmure que le prix actuel est déjà particulièrement élevé et qu'il est peu probable que le Britannique puisse offrir beaucoup plus que ce qui est déjà sur la table. A moins d'avoir un autre atout dans sa manche...

En attendant, il ne reste aux actionnaires qu'à assister en spectateurs aux mouvements des cours de Bourse. Car si le titre ABN Amro s'envolait de 4,09% en cours de séance, l'action Fortis elle piquait du nez (-2,15% à 33,73 EUR).

Pourtant, la morale de l'histoire voudrait que ces manoeuvres ne recherchent qu'un but unique: créer de la valeur pour les actionnaires.

Anne-Sophie Bailly

Photo belga

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