1,1 milliard économisé sur le soutien à l'éolien en mer

Trois parcs belges sont actuellement opérationnels en mer du Nord (dont C-Power, en photo) et le quatrième est en construction. Le gouvernement vient de débloquer les subsides pour les deux parcs suivants, Rentel et Norther. ©© Tom D'haenens

La ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem va bientôt pouvoir enlever un dossier de la pile qui grossit sur son bureau: celui du soutien aux deux prochains parcs éoliens en mer. Le gouvernement a en effet avalisé, jeudi, l'accord négocié ces derniers jours, qui revoit à la baisse les montants dont vont bénéficier les projets Rentel et Norther.

le résumé

Le gouvernement a donné son avaL, jEudi, à l'accoRd de principe nÉgocié ce week-end SUr l'éolien en Mer.

RÉsultats: une économie d'1,1 milliard d'euros, qui devrait surtout se faire sentir en 2037 et 2038, et le déblocage des projets Rentel et Norther.

Au lieu des 138 euros par MWh, prix de l'électricité inclus, prévus par le précédent gouvernement, Rentel bénéficiera de 129,8 euros par MWh et Norther de 124 euros par MWh. Le soutien au câble est également diminué pour Norther, qui se trouve plus près de la côte. Et surtout, la période de subsidiation est ramenée à 19 ans, au lieu de 20.

Économie totale: 1,1 milliard d'euros. C'est plus du double de ce qui avait été prévu en novembre, lors d'une première tentative du gouvernement de revoir ce soutien à la baisse pour l'adapter à l'évolution du coût des parcs. "Quand je suis arrivée au conseil des ministres avec les textes pour concrétiser cet accord de novembre et les simulations de l'impact sur la facture des consommateurs sur 20 ans, il y a eu réaction des libéraux, flamands mais aussi francophones, que ce n'était pas encore assez, et qu'il fallait retourner au charbon", explique aujourd'hui Marie-Christine Marghem (MR). Le dossier était devenu particulièrement sensible après la tourmente autour de la Turteltaks, destinée à éponger la dette du photovoltaïque en Flandre, et qui a conduit à la démission de la ministre flamande de l'Énergie Annemie Turtelboom (Open Vld).

Le travail a donc été remis sur le métier, et après des discussions difficiles, avec les parcs concernés mais aussi entre partenaires de la majorité, un accord a finalement été dégagé. "Nous épargnons 20% sur les subsides de ces deux parcs", chiffre le gouvernement.

Un impact à long terme

L'impact sur la facture du consommateur, qui paie actuellement 14 euros par an pour financer les trois parcs qui tournent déjà au large des côtes belges, ne se fera pas sentir immédiatement: 1,1 milliard d'économies signifie 2,1 euros d'augmentation en moins sur la facture annuelle d'un ménage entre 2019 et 2036, et 17 euros de moins étalés sur les années 2037 et 2038. Même effet retard pour les PME: l'allégement est de 0,6 euro par MWh entre 2019 et 2036, et de 2,5 euros par MWh sur 2037 et 2038.

Rentel bientôt bouclé

Norther, qui a pour actionnaire l'énergéticien Eneco et Nethys (ex-Tecteo) et qui supporte le plus gros de l'effort - parce que ses coûts sont inférieurs à ceux de Rentel - se refuse à commenter l'accord.

Rentel, porté par un consortium formé autour du dragueur Deme, se dit soulagé. "Après une longue période de blocage et d'incertitudes, nous allons enfin pouvoir aller de l'avant et boucler notre financement", se félicite Nathalie Oosterlinck, CEO de Rentel. Un 'closing' que Rentel espère réaliser dans les prochaines semaines, même si la traduction de l'accord dans les textes légaux doit encore être réalisée.

La ministre de l'Énergie prévoit de se pencher très prochainement, avec Philippe De Backer, son collègue en charge de la mer du Nord, sur le soutien aux trois derniers parcs, qui doivent permettre à la Belgique d'atteindre 2.200 MW d'éolien en mer, une pièce importante pour atteindre les objectifs climatiques européens. "Le gouvernement va encore accentuer la diminution du soutien pour les parcs suivants pour maintenir l'équilibre entre le soutien nécessaire aux investissements en renouvelables et la volonté de ne pas trop charger la facture des consommateurs", prévient déjà Marie-Christine Marghem.

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