3 questions à David Ross

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"Un Américain à Paris". Littéralement. En effet, David Ross gère le fonds d'actions mondiales Échiquier Global pour la maison française La Financière de l'Échiquier.

Avec des sociétés comme Facebook, Alphabet, Amazon et Nvidia dans le top 5 de votre fonds, vous êtes très exposé au secteur technologique. Avez-vous subi la récente correction infligée aux blue chips?

Cela a surtout été l'occasion d'acheter des actions Facebook et Adobe par exemple. Tout le monde détenait des actions technologiques, y compris les investisseurs qui ne s'y intéressent pas vraiment mais qui voulaient profiter du momentum. Mais dès que ce momentum s'est retourné, ça a été la panique et tout le monde a vendu. De nombreux investisseurs qui avaient acquis des actions technologiques les considéraient en fait comme des "consumer staples", des actions sûres, alors qu'en réalité, elles sont très volatiles. Mais la structure du marché a aussi joué un rôle: avec la popularité grandissante des trackers et des fonds passifs, dès que quelque chose se passe, le mouvement continue sur sa lancée.

Vous gérez un fonds d'actions mondiales avec seulement deux personnes. Comment faites-vous?

On nous pose souvent la question, à mon analyste Rolando Grandi et moi-même, lorsque nous sommes en roadshow. En fait, nous suivons un processus d'investissement précis. Notre fonds se concentre sur la croissance: une forte hausse des bénéfices et une valorisation attrayante sur le long terme. Trop d'investisseurs s'attachent aux valorisations à court terme et passent à côté de la croissance. Nous ne nous intéressons qu'aux entreprises dont la capitalisation boursière est d'au moins 10 milliards d'euros, dont le chiffre d'affaires dépasse 5 milliards d'euros et dont la croissance annuelle des bénéfices est de 8% en moyenne. Grâce à une sélection "quant" (quantitative), nous constituons un panier de 300 actions. Nous appliquons ensuite un filtre qualitatif, qui génère une liste de 125 actions. Notre fonds compte actuellement 27 actions, ce qui est très concentré, mais donc aussi gérable. Le célèbre gestionnaire de fonds Peter Lynch a un jour déclaré: investir dans des actions, c'est comme avoir des enfants. Il en faut suffisamment, mais pas trop. Avec 27 "enfants", cela nous laisse suffisamment de temps pour apprendre à connaître, suivre et visiter les entreprises.

Est-ce que vous vous couvrez contre les risques de change?

Non, mais les performances des devises font partie de notre calcul de rendement. Si une monnaie perd du terrain par rapport à une autre, cela peut rendre certaines actions plus intéressantes. Exemple: nous regardions depuis longtemps les entreprises mexicaines, mais elles étaient trop chères et n'offraient pas le potentiel de hausse souhaité. Après les élections américaines et la chute du peso, elles sont devenues intéressantes et nous avons estimé que c'était le moment d'y entrer. Avec la reprise du peso, nous avons à nouveau réduit notre position.

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