Avec W.IN.G, la Wallonie donne des ailes à ses start-ups numériques

L'objectif pour Jean-Claude Marcourt: permettre une entrée rapide des start-ups numériques sur le marché. ©© Dieter Telemans

Les financements, pouvant aller de 50.000 euros en "pré-seed" à 250.000 euros au premier tour, pourront être délivrés en quelques semaines.

La start-up de Vincent Leroy et Simon Desbarax s'est positionnée sur un segment de niche très prometteur, celui de la "silver economy", autrement dit les besoins liés au vieillissement de la population. Le grand public averti connaît déjà les téléphones simplifiés pour personnes âgées.

Neveo a développé une technologie qui permet aux personnes âgées dans les maisons de repos (et bientôt à la maison) de rester en contact avec leur famille grâce à la télévision. "Nous avons créé une nouvelle chaîne de télévision entièrement dédiée à la famille", résume Simon Desbarax, cofondateur. À l'origine, Neveo avait mis au point une sorte de décodeur simplifié qui se plaçait derrière la TV mais depuis l'été, le boîtier a disparu. "Désormais le logiciel est directement intégré dans les serveurs des maisons de repos et de santé", explique Simon Desbarax. Pour assurer son développement, la start-up vient de lever 400.000 euros dont 250.000 euros auprès de W.IN.G. Le reste provient d'un fonds d'investissement privé (Lean Fund) et de deux business angels. "Nous allons renforcer nos équipes techniques, d'une part, et développer de nouvelles fonctionnalités pour les familles, d'autre part", ajoute Simon Desbarax.

Fondée en 2013 par quatre étudiants de l'UCL, Listminute est la solution pour résoudre les petites corvées indésirables ou incommodantes. La plateforme est spécialisée dans la mise en relation des particuliers en vue de la réalisation de divers services de la vie quotidienne. Cela va de la tonte de la pelouse à la réparation de petits électroménagers en passant par le baby-sitting ou les cours de cuisine. Actuellement, la start-up comptabilise près de 15.000 prestataires de services. En 2014, elle avait levé 200.000 euros auprès de business angels mais ces six derniers mois, sa croissance s'est accélérée. "Nous venons de faire une seconde levée de fonds de 300.000 euros, dont 100.000 sont investis par W.IN.G sous la forme d'un prêt convertible avec un discount de conversion de 25% sur la valorisation future, explique Jonathan Schockaert. Cet argent va nous servir à soutenir la croissance. Il s'agira notamment d'investir dans le marketing (l'équipe a d'ores et déjà effectué un premier recrutement, NDLR) et de financer notre changement stratégique." D'ici la mi-2017, la jeune pousse, qui ne manque visiblement pas d'ambitions, espère même s'ouvrir à l'international.

C'est officiel, le fonds wallon d'investissement pour les start-ups numériques est sur les rails. Doté d'un budget de 50 millions d'euros sur 5 ans, il est l'un des outils phares de Digital Wallonia, le plan stratégique du gouvernement wallon qui doit aboutir à la création d'un véritable écosystème numérique dans le sud du pays. "Cinquante millions d'euros et plus, si affinités, a d'emblée souligné Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Economie et du Numérique. Ici, on lance la machine mais nos outils financiers ont des réserves."

Sans réelle surprise, W.IN.G (Wallonia Investment & Growth) est destiné aux jeunes pousses qui ont au moins un siège d'exploitation en Wallonie. "C'est tout de même de l'argent wallon", s'amuse Pierre Rion, serial entrepreneur bien connu et président du comité d'investissement du nouveau fonds. Logé au sein de la S.R.I.W et géré par celle-ci, W.IN.G prend sa place au début de la chaîne de financement. "Nous avons remarqué qu'il y avait un véritable manque au niveau du 'pré-seed'", explique Olivier Vanderijst, président du Comité de direction de la SRIW.

Au début de la chaîne

Au stade du préfinancement, donc au début de sa création, une start-up pourra obtenir un prêt convertible de maximum 50.000 euros sans contrepartie privée. Les prêts sont libérés par tranche et peuvent être conditionnés à l'accomplissement de milestones. Ils sont convertibles ensuite lors du premier tour de financement à un discount attractif.

Lorsque le projet est plus mature, W.IN.G pourra également intervenir mais cette fois, aux côtés d'investisseurs privés. Les start-ups peuvent obtenir jusqu'à 250.000 euros pour autant que le financement privé soit au moins égal à la moitié de l'intervention publique. "L'idée n'est jamais de faire un tour de capital tout seul mais de convertir au moment où il y a des investisseurs privés autour de la table", résume Olivier Vanderijst.

Rapidité et accompagnement

L'objectif principal de W.IN.G est d'assurer une plus grande rapidité du traitement des demandes de financement. Les deux premières sociétés bénéficiant d'un financement suite à l'analyse de leur dossier par le comité d'investissement du fonds sont Listminut et Neveo (voir encadré). La procédure est simple: il suffit de déposer son projet via le site internet de la plateforme. S'il est jugé mûr, les entrepreneurs se présentent devant le comité dans les 30 jours. La demande, avec ou sans condition, est acceptée ou refusée sous deux jours. "Il n'y a pas de format préétabli. Nous avons des balises mais le mandat est assez large", commente Pierre Rion au sujet de la sélection des candidats.

À côté du financement proprement dit, W.IN.G veut offrir un réel accompagnement à travers la mise en relation avec un réseau étendu d'investisseurs, des mentors expérimentés (Marc Melviez, Denis Steiseil, Jean-Paul Boone...) ainsi que des partenariats privilégiés avec des fournisseurs de services dédiés aux start-ups (Belfius, Proximus, Leansquare...). "W.IN.G n'est pas une copie de ce qui existe déjà mais une structure libre qui s'appuie sur un maximum de partenaires pour favoriser l'effet de levier. L'objectif est de développer un écosystème d'entreprises numériques qui soit agile, réactif et souple, pour permettre une entrée rapide sur le marché", insiste Jean-Claude Marcourt.

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