Barefoot transforme vos problèmes en start-up

©Jonas Roosens

Quand vous poussez les portes de Barefoot à Ixelles, un jeune repeint les murs du corridor. Dans les étages de ce qui devait être encore récemment un immeuble à kots pour les étudiants de l'ULB et de la VUB voisines, des salles de réunion improvisées avec du matériel de récup, un dortoir pour les employés qui veulent dormir sur place pendant la semaine et trois chambres privées pour des employés qui sont ici littéralement chez eux.

Augustin van Rijckevorsel, le fondateur, un "barbu avec des chemises à carreaux" comme il se décrit lui-même, parle dans un langage décontracté, ponctuant ses phrases de mots anglais. Pas de doute, l'esprit start-up est omniprésent.

Mais l'analogie avec les start-ups habituelles s'arrête là. Barefoot a décidé de faire les choses différemment, de "professionnaliser" le lancement des start-ups. Le but avoué de ce "start-up studio": rassurer les investisseurs potentiels et éviter les échecs en série comme on en connaît beaucoup dans le monde de ces jeunes pousses. "Le vrai problème des start-ups en général, c'est leur stratégie. C'est le mec qui a une 'great idea', avec un gros ego et qui décide de tout faire lui-même", explique Gus, comme on l'appelle ici.

La suite est "trop" connue. La jeune société décide de développer son idée ce qui prend plusieurs mois et engloutit du capital et arrive ensuite à un point où elle se doit de trouver des clients pour survivre, ce qui la place dans une position inconfortable. Souvent, les produits déjà développés doivent être vendus tels quels à défaut de cash disponible, car qui dit nouveau développement, dit nouvelle levée de fonds.

Résoudre un problème

Chez Barefoot, on a décidé de prendre le problème à l'envers. On a décidé que le succès d'une start-up était basé sur sa capacité à résoudre un problème et à délivrer une solution rapidement. Son modus operandi est le suivant: analyse des secteurs, identification des problèmes, proposition de solution potentielle. Barefoot élabore une présentation cliquable présentée aux clients potentiels, mais sans le coding derrière. Le développement d'une telle présentation coûterait seulement 5.000 euros.

Ensuite, si le marché n'est pas réceptif, on débranche la prise. Par contre, si l'intérêt est réel, Barefoot lance la start-up à proprement parler. Un chef d'équipe, avec un profil un peu plus expérimenté est engagé, une SPRL est créée et la jeune entreprise prend vie.

Barefoot ne s'occupe que de sociétés à vocation B2B. Les clients particuliers ne veulent que très rarement payer pour une application, ce qui rend ce type de start-up très difficile à financer dans les premières années. "Il faut que ce soit un produit applicatif, que la société génère des revenus 6 mois après le lancement et que sa valorisation soit d'au moins un million d'euros dans les 24 mois", énumère le fondateur.

Barefoot a lancé sa première levée de fonds en juillet dernier et les fonds ont été débloqués en août. Depuis septembre, les équipes sont passées de 1 à 25 personnes. Au sein de Barefoot, il y a actuellement 4 start-ups et il y en aura 6 d'ici juin.

Un deuxième round de financement

La plus avancée s'appelle Freedrive. Elle a développé une application qui bloque l'utilisation de tous les services illégaux sur les smartphones lorsque l'on conduit (texting, etc.). Politiques et professionnels du secteur ont adhéré à l'idée car 23% des accidents sont liés à l'utilisation du smartphone au volant. Leaseplan s'est intégré à l'aventure. Toyota faisait la promotion de l'app sur le Salon de l'auto. Le lancement est prévu pour avril.

D'ici là, Barefoot entend lever 3 millions d'euros lors de son deuxième round de financement. Le fondateur espère que son mode de fonctionnement rassurera des investisseurs d'ordinaires plus frileux.

En attendant, Barefoot donne des gages de sérieux. Le CEO, Tanguy Biard, a passé 10 ans chez bpost où il dirigeait le marketing avant de tout lâcher pour se lancer dans l'aventure Barefoot, y investir 60.000 euros et accepter de ne pas avoir de salaire pendant un an. Ce qui demande une certaine dose de confiance dans le projet...

Barefoot est un "start-up studio", une société qui vise à créer des start-ups de manière professionnelle.

Son fondateur veut identifier des problèmes et proposer des applications pour les résoudre.

La prochaine levée de fonds est prévue pour mars. L'application Freedrive est lancée en avril.

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