Belfius prend la présidence du Cercle de Lorraine

De gauche à droite: Herman Craeninckx, Dirk Gyselinck (président du Cercle), Charles-Albert Peers (vice-président) et Godefroid de Woelmont. ©© olivier Polet

(R)évolution de palais au Cercle de Lorraine. Belfius prend le pouvoir. Jourdain s'en va. La dette est lissée.

LE RÉSUMÉ

Dirk Gyselinck, membre du comité de direction de Belfius, a été nommé à la présidence du Cercle de Lorraine.

Les créanciers ont accepté un moratoire de deux ans et un nouveau taux d'intérêt permettant de restructurer la dette.

Ils ont laissé passer l'hiver. Comme une hibernation. Avant de revenir au-devant de la scène, et le crier haut et fort. Le calme après la tempête. Il semble, cette fois, que le Cercle de Lorraine s'apprête à démarrer une nouvelle vie. "Nous nous étions imposé un silence radio. Nous avons travaillé en silence, sous le radar, mais le moment est venu de dire que le Cercle de Lorraine est prêt pour un nouveau départ." Ainsi parle Dirk Gyselinck, membre du comité de direction de Belfius, fraîchement élu au poste de président du Cercle de Lorraine. Oui, oui, vous lisez bien. Après être entré par la petite porte via du sponsoring, Belfius se retrouve donc à la présidence du Cercle de Lorraine.

Dette restructurée

À la fin du mois de septembre, une révolution de salon avait chassé Baudouin Velge de la présidence du Cercle. Dans ses bagages, il avait été forcé d'emmener Olivier Boels, son directeur général. De part et d'autre, les noms d'oiseaux avaient volé et des actions en justice avaient été introduites. La (grosse) crise avait duré un mois. In fine, Godefroid de Woelmont, représentant les détenteurs d'obligations déçus, avait été nommé au poste d'administrateur délégué. Dirk Gyselinck était nommé administrateur, aux côtés de l'avocat Herman Craeninckx, de Charles-Albert Peers, le CEO d'Alcogroup, et de Willem Wynaendts, un administrateur indépendant.

Alors que la réputation du Cercle a certainement souffert de ce "combat des chefs", la prise de pouvoir par Belfius devrait rassurer les obligataires, les créanciers et les membres. "Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes retrouvés face à une situation difficile pour le Cercle qui avait hérité d'une dette importante, qui mettait le Cercle en péril", a expliqué Charles-Albert Peers, fraîchement nommé à la vice-présidence du Cercle. La première mission de la nouvelle équipe dirigeante a donc été de voir comment il était possible de restructurer la dette et faire en sorte qu'elle permette d'obtenir des remboursements en adéquation avec le cash-flow généré par le Cercle. Il faut dire que la dette consolidée s'élève à 9,2 millions d'euros, dont environ la moitié à charge des obligataires. En 2011, le Cercle, à la recherche de cash, avait lancé une émission d'obligation, en promettant un taux de 8%. L'opération avait permis de lever 5,5 millions d'euros.

Lors d'une assemblée tenue en juin 2015, ces détenteurs d'obligations avaient accepté de voir le taux d'intérêt ramené de 8 à 2,5% et le remboursement avait été étalé sur dix ans. Mais certains créanciers, dont Vieux Waleffe, une société appartenant à Stéphan Jourdain - le fondateur du Cercle de Lorraine - n'avaient pas accepté ce premier lissage de la dette. Revenant à la charge, la nouvelle équipe, qui n'a plus de liens avec le passé, a réussi à convaincre les derniers créanciers. Désormais, tout le monde est logé à la même enseigne. Le taux est de 2,75% pour tous et les remboursements ont été étalés sur 12 ans (au lieu de 10). "Il n'y a plus d'échéance de remboursement de dette pour 2016, ce qui aurait pu mettre en péril la survie du Cercle", assure Charles-Albert Peers.

Club 33

On l'a écrit, Belfius est dans la place. C'est d'ailleurs au 34e étage de la tour qui abrite la banque à la Place Rogier que la nouvelle équipe dirigeante nous a reçu pour évoquer l'avenir du Cercle. Il est des signes qui ne trompent pas. "Sur nos nouvelles bases, nous allons pouvoir renouer avec la croissance", s'enthousiasme Dirk Gyselinck.

"Nous voulons nous tourner vers d'autres groupes cibles, comme les femmes, les jeunes et la communauté internationale", précise Herman Craeninckx. Godefroid de Woelmont, l'administrateur délégué du Cercle, assure, lui, que des passerelles seront jetées entre les nouveaux et les anciens membres afin d'apporter de la valeur ajoutée. Le Cercle va également recruter auprès des alumni des grandes écoles. Cela a déjà été fait pour Solvay. Les autres suivront. Du sang neuf, donc, mais de l'argent frais, également. Via la mise en place du "Club 33", une sorte de cercle dans le cercle, destiné à attirer des sponsors. En échange de leur intervention, les entreprises hériteront d'un siège à l'assemblée générale du Cercle. L'idée est de faire remonter assez rapidement un million d'euros dans les caisses. Et notre petit doigt nous dit que si Belfius décroche son téléphone pour faire le tour des paroisses, le panier de la quête sera vite et bien garni. "Je suis convaincu qu'un cercle comme le Lorraine est important pour le rayonnement de Bruxelles. Il aurait été dommage de le laisser sombrer", a conclu Charles-Albert Peers.

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