Belgique Loisirs a l'intention de supprimer près de 40 emplois

Belgique Loisirs compte encore une dizaine de boutiques en Belgique. Elles devraient être préservées. ©© Tim Dirven

Après d'autres entreprises depuis le début 2019, Belgique Loisirs taille à son tour dans l'emploi.

Le club de livres va supprimer plus d'un quart de ses effectifs.

En cause: le recul du marché concurrencé par l'e-commerce.

Proximus, NLMK, Sonaca, New Look, Coca-Cola, Frima, Hélio, Nexans et maintenant Belgique Loisirs. Ce début 2019 est décidément meurtrier pour l'emploi en Belgique. Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire qui s'est terminé dans la soirée ce lundi à Ath, siège de la société, la direction de l'enseigne de club de livres, filiale du groupe français Actissia, a à son tour annoncé son intention de supprimer 39 emplois sur les 148 que compte l'entreprise, soit plus d'un quart de ses effectifs. À noter que sur ces 148 emplois figurent 25 personnes en arrêt de maladie de longue durée, a-t-on appris de source syndicale.

L'annonce a été faite en personne par le patron et actionnaire du groupe français, l'homme d'affaires Adrian Diaconu, qui avait repris l'entreprise en 2016. La procédure Renault a été enclenchée sur le champ et une première réunion d'information aura lieu dès jeudi. Il est trop tôt pour en savoir davantage, mais les prépensions à 59 ans sont envisagées. En revanche, la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ), pour éviter la faillite, n'est pas envisagée.

Aucun magasin touché

En France, par contre, l'enseigne avait été placée en redressement judiciaire en décembre 2017. Un an plus tard, le plan de redressement avait été validé par le tribunal de commerce de Paris, et l'actionnaire avait injecté 10 millions pour redresser l'affaire. "En France, 465 emplois ont été supprimés, on nous a expliqué que, vis-à-vis du groupe, la Belgique pourrait difficilement échapper à des pertes d'emplois", indique Rita Liebens, secrétaire permanente au Setca. "On s'attendait cependant à pire", ajoute-t-elle, précisant que la direction allait plancher sur les moyens de relancer l'affaire. Pour ce faire, cette dernière a l'intention de faire appel à un médiateur du tribunal de commerce de Tournai. Cela pourrait passer par le réseau de magasins physiques car aucune parmi la dizaine de boutiques que compte Belgique Loisirs sur notre territoire ne devrait être fermée.

La concurrence du commerce électronique

Le secteur des clubs de livres est en recul sensible, victime à la fois du commerce électronique - plus simple et plus agile que le lourd et parfois agressif système d'adhésion à un club - et du recul du marché du livre dans son ensemble.

En Belgique, bien qu'en léger progrès en 2017 (derniers chiffres disponibles) ce dernier a reculé de plus de 8% depuis 2010, selon les données de l'Adeb, l'Association des éditeurs belges. Mais s'il pèse encore 7,5% du marché, le créneau des clubs de livres a chuté de 7,8% en 2017, pesant 18,2 millions d'euros. De source syndicale, Belgique Loisirs comptait encore 200.000 adhérents il y a quinze ans, ils ne sont plus que 80.000 aujourd'hui.

En novembre 2018, le directeur général Nicolas Lebeau a quitté l'entreprise. Il a été remplacé par un manager intérimaire, Olivier Van Houtte. En 2017, Actissia Belgique a vu son chiffre d'affaires reculer de 22,5 à 19,2 millions d'euros. Elle est tombée dans le rouge, affichant une perte d'exploitation de près de 1,5 million d'euros. Ces chiffres incluent les deux librairies Chapitre.be (ex Libris-Agora), cédées en mars dernier au groupe français Le Furet du Nord.

Publicité
Publicité

Echo Connect