Bernard Gustin n'a pas à rougir de son bilan

Bernard Gustin a su préserver la paix syndicale à Brussels Airlines. ©© Saskia Vanderstichele

Co-CEO de Brussels Airlines depuis 2008 (et en solo depuis 2012), Bernard Gustin a en fait participé à sa création dès 2001. Le bilan présente peu de failles.

Bernard Gustin, à la tête de Brussels Airlines depuis dix ans (d'abord avec Michel Meyfroidt, puis seul au poste) et qu'il quittera fin mars, n'a pas à rougir de son bilan. Depuis qu'il a - en 2001! - écrit les premières lignes du business plan de l'entreprise qui est partie de zéro ou presque (il y avait les Avro de la DAT) jusqu'à aujourd'hui, que de (beaux) chemins parcourus. Et puis, il faut bien le reconnaître: recevoir, lors des nuages menaçants, le soutien à la fois des patrons du royaume et des syndicats, ça doit quand même donner un peu de baume au coeur.

"Je pense pouvoir être assez fier d'avoir restructuré la compagnie sans devoir mettre du personnel à la porte", nous confiait-il un jour, après de solides accrochages syndicaux où le maître-mot était un plan drastique d'économies de plus de 15%. Nous nous souvenons aussi de nuits blanches (avec la responsable de la communication Wencke Lemmes) dans les locaux des pilotes pour éviter des grèves dommageables. Dans les grandes lignes, on peut dire que Bernard Gustin a su préserver la paix syndicale à Brussels Airlines. Et dans le contexte de l'héritage de la Sabena, c'est un exploit.

Mais on ne demandait pas au CEO que des capacités de négociations, on lui demandait aussi une vision. Et il l'avait. Oui, il a pu démontrer, preuves à l'appui, que certaines initiatives n'étaient pas aussi farfelues qu'on pouvait l'imaginer. Se lancer sur l'hyper-concurrentielle route nord-atlantique? Mais oui, ça fonctionne et ça ramène même des Américains qui partent pour l'Afrique. La route de Mumbaï? Même chose. Quand Bernard Gustin a vu arriver à Bruxelles les premiers vols Ryanair, a-t-il fermé certaines lignes qui devenaient trop concurrentielles? Non, il en a ajouté. Il a même conclu des accords avec des voyagistes pour augmenter l'offre. Soyons de bons comptes: des décisions peuvent être prises, encore faut-il qu'elles soient suivies. Il est indiscutable que Gustin a pu fédérer les équipes autour de lui. Et il serait peut-être bon de rappeler que les "Lufty-boys" du conseil d'administration ont toujours avalisé ses initiatives, y compris lorsqu'il s'agissait de remplacer la flotte long-courrier par des A330 plus jeunes.

Il n'y a pas eu d'opposition allemande lorsque Gustin est devenu président de l'Association des compagnies européennes (AEA) en 2012. Finalement, on pourrait se demander si la seule erreur qu'il a commise n'était pas de négocier le rapprochement avec Lufthansa en 2008 et de le mener à bon terme, avant une intégration réussie dans Star Alliance. Personne ne le contestera: Bernard Gustin a fait son job.

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