Casques blancs syriens, des secouristes en danger

La photo du petit Omran Daqneesh, enfant de cinq ans retiré en état de choc d'un immeuble bombardé d'Alep, le 17 août, a fait le tour du monde. Ce que l'on n'a pas vu cependant, c'est le travail de l'équipe de la Défense civile syrienne (SCD), surnommée "casques blancs syriens", à l'origine de cette opération de sauvetage. Ils sont près de 3.000, anciens étudiants, pharmaciens, commerçants, tailleurs, enseignants, boulangers. Tous secouristes bénévoles dans les territoires tenus par les opposants au régime de Bachar al-Assad. Formés en Turquie et en Syrie au déblaiement des décombres et aux premiers soins, ces hommes pour la plupart auraient sauvé plus de 60.000 vies depuis le début du conflit. Ils ont aussi subi des pertes: 141 casques blancs sont morts dans le cadre des opérations de secours, souvent à cause des "doubles frappes" à quelques minutes d'intervalle sur une même cible.

Depuis vendredi, quatre de leurs centres de secours dans les quartiers orientaux d'Alep, sous contrôle rebelle, ont été anéantis par des frappes de l'aviation russe ou syrienne, qui ciblaient délibérément leurs infrastructures, selon l'organisation. "Nous n'avons perdu aucun membre lors de la destruction de nos bâtiments, mais cinq secouristes ont été blessés, dont deux grièvement, lors d'opérations de secours depuis le début du weekend", confie Khaled Khatib, l'un des porte-parole de la Défense civile syrienne joint par L'Echo.

Grâce à leur bravoure, les casques blancs syriens figurent sur la liste des 376 candidats au prix Nobel de la Paix, qui sera remis le 7 octobre à Oslo.

Fondée en 2013, l'association de défense civile se veut apolitique et neutre, mais a reçu une assistance de 23 millions de dollars de la part des Etats-Unis et est soutenue financièrement ou grâce à des dons de matériel par la France, la Grande Bretagne et les Pays-Bas.

Le régime syrien les accuse d'être des agents de l'Occident, d'abriter des combattants dans leurs rangs et d'être proches du Fatah Al-Cham, ex-front Al Nosra, proche d'Al Qaïda. Lors d'une interview à l'agence Associated Press le 22 septembre, Bachar Al-Assad a cherché à minimiser leurs succès. "Qu'ont-ils réalisé en Syrie? Et à quel point le prix Nobel est-il non-politisé?", a rétorqué le président syrien. Pour Raphaël Pitti, médecin de guerre français qui forme les équipes de casques blancs au nord de la Syrie, la critique ne tient pas: "Les accuser d'être des rebelles reviendrait à dire la même chose de la Croix-Rouge quand elle intervient sur des zones de guerre", affirme l'urgentiste. Stéphanie Fontenoy

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