Cosucra investit 35 millions d'euros pour s'attaquer au marché nord-américain

La protéine de pois est une des plus efficaces sur le plan énergétique et nécessite moins d'eau. ©© cosucra

L'ancienne sucrerie reconvertie en leader mondial des protéines végétales a investi 35 millions d'euros pour pouvoir s'attaquer au marché nord-américain. Une filiale commerciale sera installée à Chicago.

Pierre et Marie-Antoinette Crahay-De Brouwer, les fondateurs de la société Cosucra, ne reconnaîtraient plus leur petite sucrerie créée en... 1852. L'entreprise familiale se porte toujours bien, merci pour elle. Reconvertie depuis 1990 dans les ingrédients santé à partir de pois secs et de chicorée, elle connaît une expansion régulière après avoir franchi quelques caps difficiles.

Cosucra s'est plus particulièrement spécialisée dans les protéines végétales issues des pois secs, fournis à plus de 90 % par les producteurs d'une zone allant du nord de Paris à l'Alsace. Dans ce créneau, la société basée à Warcoing (Pecq), près de Tournai, est aujourd'hui leader mondial avec 40 % du marché.

L'entreprise anticipe déjà les évolutions spectaculaires attendues sur un marché de la protéine à base de pois qui devrait doubler d'ici quatre ans. Elle vient de clôturer, en deux phases, un investissement, en deux phases, de 35 millions d'euros qui doit lui permettre de répondre à cette explosion de la demande et d'anticiper l'arrivée d'un concurrent sur le marché nord-américain.

"Notre principal concurrent s'apprête à installer une usine au Canada, le plus gros producteur mondial de légumineux. Grâce à notre investissement, nous serons en mesure de prendre des parts de marché avant que cette nouvelle unité de production soit opérationnelle", explique Jacques Crahay, administrateur délégué de Cosucra.

Investissement en deux phases

La première phase de l'investissement (15 millions d'euros), lancée en 2013, a consisté à installer une seconde ligne de raffinage et une troisième ligne de conditionnement des protéines de pois (Pisane). Les halls de stockage ont également été agrandis.

La seconde phase, lancée en 2015, visait à remplacer le traitement final de la protéine et son séchage. Le nouveau sécheur à atomisation de grande capacité permet de doubler d'un coup la capacité de séchage de l'usine, tout en réduisant les émissions de CO2, un facteur non négligeable pour une activité très énergivore.

Ces investissements ont permis de doubler la capacité de production. Avec à la clé, la création d'une quarantaine d'emplois dans une entreprise qui compte aujourd'hui environ 280 salariés (250 équivalents temps plein), pour un chiffre d'affaires qui tourne autour de 100 millions d'euros.

Cosucra, qui dispose en sus de l'espace nécessaire pour absorber une éventuelle croissance supplémentaire, est ainsi en mesure de répondre aux évolutions d'un marché qui se tourne de plus en plus vers les substituts végétaux à la viande.

On prévoit d'ores et déjà un doublement de la consommation de protéines végétales d'ici 40 ans. Si la protéine de soja se taille la part du lion avec environ la moitié du marché, la protéine de pois peut faire valoir quelques atouts, à commencer par un faible besoin en eau. Il faut en effet 3.200 litres d'eau pour produire un kilo de protéines de pois, contre 5.882 litres pour le soja et... 588.235 litres pour un kilo de protéines de boeuf.

Le marché nord-américain offre actuellement les plus grosses possibilités d'expansion. Mais pour s'y attaquer, l'entreprise wallonne, qui s'appuie sur une clientèle de plus de 400 fabricants de produits alimentaires, préfère compter sur son unité de production de Warcoing et installer une tête de pont commerciale aux Etats-Unis plutôt que d'y construire une usine.

"Garder la production en Europe est moins coûteux et moins risqué. Nous créons donc une filiale commerciale à Chicago", précise Jacques Crahay. Qui voit déjà plus loin. "Quand les nouvelles usines américaines seront opérationnelles, notre part de marché va immanquablement se réduire. Nous prévoyons donc d'investir dans les offres de solutions plus globales."

Concrètement, Cosucra envisage de nouer des partenariats avec des fournisseurs de produits complémentaires. "Nous avons en Europe un beau réseau qui nous permet d'approcher de plus petits clients qui pourraient être séduits par une offre globale", souligne Jacques Crahay.

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