Dialogue réussi à la Maison particulière

"PAIR(e)"

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Jusqu'au 13 décembre à la Maison particulière rue du Châtelain 49 à 1050 Bruxelles, Tél. 02/649.81.78, www.maisonparticuliere.be.

A la Maison Particulière, une exposition confronte deux familles de collectionneurs, mais surtout le dialogue filial qui s'installe entre générations, la transmission qui se déroule - ou pas - entre parents et enfants. Sont ainsi présentées par "pair(e)" (le titre de l'expo) des oeuvres de ces amateurs d'art qui ont souhaité rester anonymes. Pourtant, on peut admirer, côte à côte, le portrait d'une aïeule inconnue et celui de l'épouse d'un des collectionneurs actuels - très réaliste - par Ulrich Lamsfuss. Mais outre la question familiale, c'est celle de la familiarité des pièces disposées par paire qui interpelle. Les portraits photographiques de passants inconnus à Los Angeles signés Katy Grannan, par exemple, côtoient les visages de Ben Durham, dessins obsessionnels obtenus par strates successives de textes. Dans la bibliothèque, un triptyque portable, une merveille du XVIe siècle montrant un Christ en croix, fait face à un grande Dernière Cène contemporaine mise en... scène par le photographe David Lachapelle.

Une approche qui n'est pas que temporelle, mais aussi spatiale entre un crâne latmul exposé en vitrine et les squelettes mis à jour dans le cimetière San Rafael de Malaga et immortalisés sur une grande photo par Luc Delahaye. Ou encore, la vue de l'embouchure de l'Escaut à Anvers par Gillis Neyts au XVIIe siècle et celle de La Mecque saisissante et saisie par l'objectif d'Ahmed Mater (Golden Hour). Dans une autre vitrine, les sculptures abstraites de Georges Jouves répondent à des statuettes Baule ou Tsangui, voire à des cartes postales du Bauhaus encadrées, dont certaines sont gardées par un quintet de robots japonais des années clinquantes au garde-à-vous.

Le duo est parfois le sujet lui-même, notamment dans les photos industrielles fantomatiques du couple Bernd et Hilla Becher. La paire peut être aussi du même auteur, comme les deux dessins sur papier au pastel de William Kentridge.

Le mobilier d'une simplicité lumineuse de Jean Prouvé se confronte avec le mobile spatiodynamique de Nicolas Schöffer, tout aussi évident et géométrique. Une vanité contemporaine et par ordinateur fantomatique de Charles Sandison répond à une autre "au violon" peinte, cette fois, par Williamn Claeszoon Heda au XVIIe siècle. La thématique féminine domine la fin de cette belle exposition avec, notamment, une figure d'ébène Fang qui semble captivée par le tableau de Damien Cabanes, celui d'une femme, figure triste mélancolique elle aussi, sur fond... noir.

Cindy Sherman, Basquiat, Botanksi, Bernard Venet, Le Corbusier ou Andreas Gursky peuplent encore ce panorama tirés des collections de ce duo de familles, réunies au moins par deux points communs: le goût et la qualité... B.R.

Galerie

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