Euronext mène une stratégie indépendante

Stéphane Boujnah, le directeur général d'Euronext, a présenté la stratégie de son groupe jusqu'en 2019. La société veut se développer notamment sur le segment des compensations des transactions.

La stratégie d'Euronext, le groupe qui rassemble les Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, était très attendue ce vendredi. En février dernier, lors de la présentation de ses résultats annuels, le directeur de la société, le Français Stéphane Boujnah, n'avait donné aucune indication sur les plans de son entreprise. Le titre en avait d'ailleurs souffert en Bourse. Mais ce vendredi, le groupe a voulu faire les choses en grand, car il a organisé à Paris une grande conférence à l'intention de ses investisseurs, afin d'y présenter sa stratégie.

"Notre stratégie est celle d'une société indépendante, a-t-il insisté lors d'une conférence de presse. Nous voulons nous focaliser sur nos clients." Pour ce faire, le groupe investira pendant quatre ans entre 100 et 150 millions d'euros pour se développer. Il a défini six axes autour desquels il veut progresser, ce qui permettra à Euronext de dégager 2% de croissance de chiffre d'affaires supplémentaires par an jusqu'en 2019, précise Stéphane Boujnah.

Se concentrer sur ce qui est réalisable

Pour rappel, Euronext se retrouve isolé alors que dans le paysage des Bourses européennes. Deutsche Börse, l'opérateur de la Bourse de Francfort, et le London Stock Exchange, qui gère la Bourse de Londres, ont décidé de convoler. La fusion n'est pas encore achevée, car les deux entités doivent encore obtenir l'aval de leurs actionnaires respectifs, et surtout, des autorités de régulation, dont la Commission européenne. Celle-ci avait empêché en 2011 la fusion entre Deutsche Börse et Euronext. "Personne ne sait ce que va décider la Commission européenne, souligne Stéphane Boujnah. Ces grandes transactions prennent du temps et ne terminent jamais comme on l'aurait attendu. Nous ne voulons pas définir Euronext en fonction de ce que vont faire les autres Bourses. Nous voulons nous concentrer sur ce que nous pouvons réaliser" pour les utilisateurs d'Euronext, ajoute-t-il.

Cap sur les activités post-marché

Le point central de la stratégie d'Euronext porte sur le post-marché. Le groupe a annoncé jeudi soir avoir acquis 20% d'EuroCCP, une chambre de compensation détenue aussi par Nasdaq OMX.

Il veut aussi mettre un terme à son partenariat avec LCH.Clearnet. "Nous allons explorer de nouvelles alternatives pour la compensation des transactions, afin d'offrir le choix à nos utilisateurs" car Euronext veut diversifier les plateformes de compensation qu'il utilise pour ses transactions, précise Stéphane Boujnah.

Le groupe mise aussi sur les dérivés, tant au niveau transactions que compensation. Il veut devenir un émetteur clé pour les dérivés sur produits agricoles. Euronext développera aussi de nouveaux indices qui serviront de référence pour les ETF, des fonds indiciels cotés en Bourse. Le groupe souhaite également "devenir une Bourse pour les PME européennes. Il y a un trou noir sur ce segment. Nous voulons nous appuyer sur notre marché Enternext" (pour les capitalisations de moins d'un milliard d'euros NDLR), précise Stéphane Boujnah.

Nouveaux services

Enfin, Euronext développera de nouveaux services notamment sur l'analyse de données. Le groupe veut changer sa plateforme de transactions d'ici 2017. Il a réussi à renégocier son contrat pour son centre de données, là où sont exécutées toutes les transactions sur ses marchés, avec l'IntercontinentalExchange, propriétaire des lieux. Stéphane Boujnah souligne que 50 millions d'euros d'économie pourront être dégagés notamment grâce à cette négociation. Le titre Euronext a bien réagi à l'annonce de la stratégie de Stéphane Boujnah. L'action a pris 1,64% à 38,47 euros.

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