Francis Gomez Président des Métallos FGTB

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Marxiste doctrinaire mais syndicaliste pragmatique, il a reçu le militantisme en héritage.

L'expression "être tombé dedans étant petit" s'applique parfaitement à Francis Gomez, bouillant et intransigeant patron des Métallos FGTB, en première ligne dans le conflit chez ArcelorMittal. Fils d'émigré espagnol, opposant à Franco, il est baigné dans la réflexion politique et dans le militantisme de gauche dès son plus jeune âge. Il fait ses classes politiques et syndicales dès 16 ans sur les machines de la FN. Mais il manie aussi la dialectique marxiste avec une rare maîtrise.

Délégué puis président de délégation syndicale dès 20 ans, il garde le côté pragmatique de ceux qui ont été formés sur le tas. Repéré par la direction de la FN, il avait bénéficié d'une formation professionnelle et croit toujours dur comme fer aux vertus du "compagnonnage", de l'apprentissage au sein même de l'atelier.

Ces deux aspects sont sans doute les piliers de sa personnalité: doctrinaire mais pragmatique. La lutte des classes fait partie de ses fondamentaux. Toute négociation doit aboutir et ses revendications sont fermes. Mais un mouvement de grève est perçu comme un constat d'échec.

Fort en gueule, il sait jouer de son physique et de son ton pour faire monter la pression sur ses interlocuteurs. Farouchement indépendant, il n'utilise que peu de relais politique, même s'il reconnaît des qualités à Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l'Economie. Liégeois pur souche, il est aussi régionaliste convaincu, dans la lignée d'André Renard. Ce qui ne l'a pas empêché d'habiter durant des années à Lanaken aux confins du Limbourg et de la province de Liège et de pratiquer la langue de Vondel avec une certaine aisance. Doctrinaire et pragmatique.

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