Il faut geler le dossier des subsides aux centrales au gaz, préconise la Creg

Les fermetures de centrales au gaz se multiplient: EDF Luminus se prépare à fermer définitivement sa centrale de Seraing. ©© Olivier Pirard

Gare à une décision précipitée sur la rémunération des centrales au gaz, déclare en substance le régulateur fédéral du secteur de l'énergie. À court terme, il faut s'abstenir.

"Une décision prématurée, guidée par le souci d'assurer une rentabilité aux centrales existantes, serait nuisible pour le fonctionnement du marché et pour l'économie belge". C'est ce qu'écrit la Creg dans son avis sur l'étude du gestionnaire du réseau à haute tension Elia qui porte sur les besoins en capacité électrique pour la période 2017-2027 - une étude sur laquelle la ministre de l'Énergie devrait se baser pour définir sa vision énergétique globale.

Le contexte est connu: les centrales au gaz, qui ne tournent quasiment plus que lors des pics de consommation ou pour aider Elia à équilibrer son réseau à haute tension, ne sont plus rentables. L'une après l'autre, elles annoncent leur fermeture. Mais les quelque 4.000 MW de centrales au gaz existantes aujourd'hui en Belgique seront nécessaires pour garantir la sécurité d'approvisionnement après 2025, quand la Belgique aura fermé ses centrales nucléaires, estime Elia. D'où l'idée de mettre en place un mécanisme de rémunération de capacité, pour leur permettre de survivre jusque-là. Le dossier se trouve depuis des mois sur le bureau de la ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem. Et les propriétaires des centrales en question se font de plus en plus pressants pour le voir aboutir.

Pas si vite, dit la Creg, qui avait déjà exprimé précédemment ses réserves à l'égard de la mise en place d'un mécanisme de rémunération des capacités - une technique qui permet de rémunérer les centrales non plus sur base des kilowattheures produits, mais pour la capacité qu'elles mettent à disposition du marché.

Ne pas prendre de décision précipitée sur une subsidiation des centrales au gaz laissera la chance au marché de développer des solutions innovantes dans le domaine du stockage, de la gestion de la demande, de nouvelles technologies photovoltaïques ou de production décentralisée, alors qu'une décision immédiate de soutien représenterait un frein à l'innovation pour de nombreuses années, explique la Creg.

Le régulateur fédéral veut aussi plus de clarté sur les critères auxquels devront répondre les mécanismes de rémunération de capacité pour permettre la participation de capacités situées au-delà de la frontière, ainsi que pour ne pas être considérées par l'Europe comme des aides d'État.

Comme si cela ne suffisait pas, la Creg ajoute qu'une partie du parc de production thermique belge est vétuste, et qu'il pourrait se révéler incapable de prendre le relais des centrales nucléaires du fait de ses coûts marginaux élevés et de sa flexibilité limitée. Pour elle, la structure de marché actuelle, avec une rémunération des centrales sur base de leur production combinée à la réserve stratégique, suffit pour le moment.

L'avis de la Creg n'est bien sûr qu'un parmi beaucoup d'autres reçus dans le processus destiné à élaborer la vision fédérale sur l'énergie. Mais il émane du régulateur fédéral, ce qui devrait lui donner un poids particulier dans la réflexion en cours.

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