Itinari, le guide de voyage 2.0, vise le million de visiteurs par mois

Nicolas Casula, le fondateur d'Itinari, espère faire de son site une référence dans le monde du voyage. ©© Wouter Van Vooren

En cette période de vacances, le bon vieux guide de voyage a toujours autant la cote pour trouver l'endroit idéal où oublier le boulot. Itinari, une jeune boîte belge a néanmoins l'ambition de mettre fin au règne du papier. Lancée il y a deux ans, cette plateforme en ligne distille sur son site les bons plans de visite au travers d'articles. "Mais nous ne sommes pas un blog ou une plateforme permettant à chacun de partager son expérience", précise d'emblée Nicolas Casula, le fondateur d'Itinari. "Nous travaillons avec 45 rédacteurs professionnels, répartis partout en Europe. Cela nous permet d'être certain de la qualité et d'avoir une homogénéité et une cohérence entre les articles. On se voit plutôt comme une sorte de Lonely Planet ou de National Geographic 3.0", explique Nicolas Casula.

Le résumé

Lancé il y a tout juste deux ans, Itinari, le site belge d'inspiration au voyage, est plein d'ambition.

La start-up espère atteindre un million de visiteurs par mois sur sa plateforme à partir de 2020.

Pour y parvenir, elle se lance, dès janvier, à la recherche de trois millions d'euros.

Lancé il y a deux ans, Itinari se focalise uniquement sur les expériences alternatives. L'occasion de découvrir des destinations comme la Roumanie ou la Moldavie. "Mais cela ne nous empêche pas de couvrir des pays très touristiques comme l'Espagne ou la France. On s'intéressera alors à des régions moins populaires comme Pampelune, Santander ou Salamanque. On propose aussi de visiter des villes comme Paris mais autrement. Via par exemple les galeries couvertes. J'y ai habitué durant trois ans sans même savoir que cela existait", sourit le fondateur de la plateforme.

Une levée à trois millions

Deux ans exactement après ses débuts, Itinari s'apprête à démarrer sa troisième levée de fonds. La start-up s'était lancée en 2017 avec 400.000 euros. Elle a ensuite pu compter sur 400.000 euros supplémentaires de ses premiers investisseurs, dont Sambrinvest et Seeder Fund.

Pour cette nouvelle opération, la jeune entreprise voit encore plus grand. "Nous cherchons 3 millions d'euros. On espère clôturer cette troisième levée pour juin. Il y a plusieurs pistes auprès de fonds allemands et français. C'est un marché hyper chaud. Notre principal concurrent, une plateforme anglaise, vient de lever 80 millions d'euros en avril", détaille Casula.

Pas de quoi néanmoins inquiéter le jeune homme sur les chances d'Itinari de se faire une place au soleil. "On dit souvent que le marché du tourisme est saturé. Il n'y aura effectivement plus de la place pour des centaines d'acteurs. Mais il est encore possible d'avoir une approche pertinente et viable. Nos articles sont lus en moyenne deux minutes, ce qui est énorme sur le net. Il faut toutefois mener les batailles qu'on peut gagner. On ne va pas essayer de faire un nouveau Booking.com ou Airbnb", lance-t-il.

150.000 lieux répertoriés

Chaque mois, les 3.000 articles actuellement disponibles sur le site attirent 120.000 visiteurs. "L'évolution est pour le moment exponentielle. On devrait tripler le nombre de visiteurs en six mois et on espère atteindre le million d'ici 18 mois", dit le fondateur. Un chiffre qui devrait permettre à Itinari de dégager suffisamment de revenus pour être viable. Pas encore rentable, la plateforme souhaite se passer de la publicité, tout en restant entièrement gratuite. "On voit que le modèle payant se met doucement en place, notamment sur les sites de presse. Ça reste une option mais les gens ne sont sans doute pas encore prêts à payer pour du contenu touristique", explique Nicolas Casula.

Ce dernier compte plutôt sur les acteurs du tourisme pour gagner de l'argent. "Nous avons deux modèles de revenus possibles, explique-t-il. La première possibilité est de proposer du contenu à des acteurs du tourisme qui ont un intérêt à ce qu'on parle de leur région. Je pense notamment à des hôtels installés dans des endroits peu connus. On donnera donc la possibilité d'installer un bandeau sur le site avec notre contenu. L'autre possibilité est de travailler des acteurs spécialisés dans l'organisation de voyages personnalisés qui recherchent désormais souvent à avoir du contenu de qualité. Il suffit de voir les derniers mouvements sur le marché pour le constater. The Guardian et Le Figaro ont récemment racheté des agences de voyages spécialisées", détaille Nicolas Casula.

Avec 42 pays visités et plus de 105.000 endroits répertoriés, Itinari ne s'intéresse pour le moment qu'au Vieux Continent. L'Afrique du Nord, l'Asie et le Moyen-Orient seront prochainement couverts par les rédacteurs professionnels du site. Le russe et le portugais seront aussi bientôt ajoutés aux sept langues déjà disponibles sur le site.

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