Jour après jour, l'épicerie en vrac prépare son extension en Belgique

Le magasin Day by day de Saint-Gilles sera bientôt suivi d'autres à Bruxelles, à Namur puis ailleurs en Wallonie. ©© doc

Première chaîne de magasins entièrement dédiée à la vente en vrac, la française Day by day se prépare à étendre sa toile en Belgique francophone. Son leitmotiv: la lutte contre les déchets et le gaspillage alimentaire.

Après la société de consommation, voici venir la société de saturation. L'accumulation des déchets et le gaspillage de produits alimentaires donnent des maux de ventre à un nombre croissant de consommateurs.

David Sutrat et Didier Onraita, deux consultants français travaillant pour la grande distribution, ont été victimes de cette indigestion. Il y a cinq ans, ils ont sauté le pas en ouvrant à Paris leur premier magasin entièrement dédié au vrac.

L'enseigne Day by day a très vite fait des petits, jusqu'à constituer une chaîne de 39 commerces pesant aujourd'hui plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. Parmi eux, l'enseigne de Saint-Gilles, qui a ouvert il y a un peu plus d'un an.

"L'idée de base de notre offre, qui vise le grand public, c'est de réduire les déchets et le gaspillage alimentaire, souligne David Sutrat, directeur général de Day by day. Il y a clairement une niche à prendre. En France, le vrac représente 0,3% du chiffre d'affaires des produits de grande consommation, soit environ 500 millions d'euros. Mais ce chiffre est le quintuple de celui d'il y a cinq ans et il a doublé sur la seule année 2017."

Situé à un jet de pierre de la maison communale, le Day by day de Saint-Gilles est le premier magasin étranger de la chaîne française. Il ne sera pas le dernier. Un deuxième magasin est déjà en vue dans une autre commune bruxelloise et un projet d'implantation à Namur est, lui aussi, bien avancé.

"La Belgique est notre premier marché extérieur, et notre intention est de nous installer partout dans la partie francophone. À Bruxelles, il y a un potentiel pour quatre ou cinq magasins. Par après, nous comptons nous étendre à Liège, Charleroi, puis en Flandre, aux Pays-Bas et en Allemagne", dit David Sutrat.

Trouver le bon emplacement

Celui-ci reste très discret sur les lieux où seront implantés les nouveaux magasins. Car les espaces disponibles aux bons endroits - les rues commerçantes des centres-villes - sont rares.

"Mon problème, ce n'est pas les ressources humaines, mais de trouver le bon emplacement pour les magasins, ce qui est primordial. Pour les nouveaux magasins qui seront ouverts en Belgique, nous avons reçu plus de 40 demandes en deux mois. Au total, nous recevons 1.000 candidatures de franchisés par an. Mais trouver l'emplacement idéal, ce n'est pas évident."

À l'entendre, la Belgique et ses voisins sont un terreau idéal pour le commerce en vrac. "Chaque Belge produit en moyenne un kilo de déchets par jour et jette 345 kilos d'aliments par an. En Europe, il est deuxième de ce classement peu glorieux derrière le Néerlandais. Et les Allemands ne font guère mieux."

S'il n'a pas inventé le vrac, le duo est le concepteur du marché du vrac, affirme David Sutrat. "Les Day by day sont les seuls magasins à 100 % dédiés au vrac. L'objectif à présent, c'est de pérenniser ce créneau."

Comment? Avec une offre abondante. Day by day propose 750 références (pâtes, riz, céréales, fruits secs, légumes secs, café, thé, confiserie, biscuits, savons, produits d'entretien...). Et à un prix abordable. Pour être compétitifs, les magasins peuvent se fournir auprès de la centrale d'achat de la société Retail Box, maison mère des Day by day, installée en banlieue parisienne.

Des produits bio sont aussi proposés, mais cette niche "premium" n'est pas privilégiée. Day by day mise surtout sur les produits du terroir. À Saint-Gilles, par exemple, les pralines connaissent un franc succès.

Une diversification est en vue. "Pour l'instant, nous ne vendons que des produits conservables à température ambiante, mais bientôt, nous proposerons à nos franchisés qui le désirent la possibilité de vendre des fruits et légumes locaux", précise David Sutrat.

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