1

L'Écho de Flandre Au KVS, c'est version française, ondertiteld

©danny willems

Le KVS souhaite relier les deux communautés linguistiques par le théâtre et s'ouvrir ainsi à la diversité de Bruxelles. Un pari que concrétise la première francophone du "Do You Wanna Play With Me?" de Sylvie Landuyt.

Cette semaine, le Koninklijke Vlaamse Schouwburg accueille les répétitions du "Do You Wanna Play with Me?" de Sylvie Landuyt. Sa première s'y jouera jeudi prochain, en français sous-titré flamand. L'auteure, metteuse en scène et comédienne est en effet francophone: elle écrit et dirige dans la langue de Molière. Comme Pitcho Womba Konga, Yassin Mrabtifi ou Jessica Fanhan, Sylvie Landuyt est l'une des artistes francophones accueillis au KVS, théâtre flamand du centre de Bruxelles. Un accueil qui reflète la politique d'ouverture du lieu et la philosophie de son nouveau directeur, Michael De Cock. Romaniste, ce dernier est forcément sensible au français. Mais sa volonté d'ouvrir son théâtre à des artistes francophones va plus loin. En 2006, son prédécesseur Jan Goossens avait, avec Jean-Louis Colinet, alors directeur du théâtre National, lancé "Toernee General": un cycle de programmation commune entre les deux lieux que Michael De Cock prolonge encore davantage. L'accueil reflète pour lui la diversité et le multiculturalisme global de Bruxelles. Cette diversité, Sylvie Landuyt l'incarne à la perfection. Originaire d'Ypres et néerlandophone d'origine, l'artiste pratique un théâtre féministe et n'hésite pas à se déclarer "plus masculine que femme". "Cette première au KVS, c'est énorme! Comme un rêve qui me serait tombé dessus, déclare celle qui est directrice du secteur théâtre à Arts2 à Mons mais a entendu parler le patois flamand toute son enfance. C'est une reconnaissance de mon identité globale." Le pitch de "Do You Wanna Play with Me?"? Un père absent, une mère addict aux sites de rencontres, une fille mal dans son corps qui se découvre libido et sex-appeal en réalité virtuelle, un fils qui subit le porno online... Le tout en interaction avec le public et dans le langage particulier de Sylvie Landuyt, un langage "à trous" dans lequel les mots cèdent souvent leur place aux corps, à la musique et à la vidéo pour mieux se faire entendre. Au KVS, le réel se vit au pluriel.

Isabelle Plumhans

Du 18 au 21/1 au KVS (Bruxelles). Du 30/1 au 02/2 sur MARS (Mons).

Contenu sponsorisé

Partner content