L'accession au poste de chef de corps judiciaire se professionnalise

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Une fois le nom approuvé par le CSJ, c'est au ministre de la Justice de signer l'arrêté royal établissant la nomination. Les cas de candidats recalés par le ministre sont rarissimes et pour des raisons techniques. "Il n'y a plus de tentatives du ministère de refuser des candidats, comme on pouvait le voir lors de la naissance du CSJ. Ni M. Geens, ni Mme Turtelboom ne l'ont fait", note Magali Clavie, membre du Conseil.

le résumé

C'est vendredi que débute la première audition de candidats à des postes de chef de corps de la magistrature, devant le Conseil supérieur de la Justice (CSJ), l'instance chargée de proposer des candidats au gouvernement. Sur les 35 actuels chefs de corps, 20 ont demandé le renouvellement de leur mandat, ce qui n'est possible qu'à une seule reprise. Les auditions des candidats vont se poursuivre jusqu'au mois d'avril 2019, date à laquelle la grande majorité des chefs de corps seront partis pour un nouveau mandat de cinq ans.

"Pas de ticket automatique"

Au rang des nouveautés, il est à noter l'audition obligatoire des candidats au renouvellement du mandat. Jusqu'ici, celui-ci était presque automatique. "Un premier mandat n'est plus un ticket automatique pour un second", observe Magali Clavie. Le Greco (Groupe des États européens contre la corruption) avait épinglé la gestion belge et le manque de transparence sur l'évaluation des mandats des chefs de corps.

Comme un fumet de "nouveau monde": les candidats devront présenter un document faisant le point de la situation dans l'arrondissement judiciaire et proposer des pistes pour les cinq ans à venir. Ces documents seront évalués par des auditeurs indépendants, non-magistrats. "Nous arrivons à l'autonomie de gestion des cours et tribunaux, il faut s'assurer que le chef de corps puisse se fixer et tenir des objets", poursuit Magali Clavie. En bref: finie la gestion à la papa.

Management humain

Autre révolution de chambre: les nouveaux candidats doivent passer un "screening psychologique" auprès de l'entreprise de recrutement et ressources humaines Select HR, choisie sur appel d'offres. La société mènera un entretien avec chaque candidat et rendra un rapport au CSJ qui pourra en tenir compte. "On se rend compte à quel point l'influence du chef de corps peut être importante au niveau humain. Le management humain est un vrai critère", constate Magali Clavie, pour qui le but n'est pas "d'écarter des candidats mais de les conscientiser".

Les auditions de candidature aux 35 postes de chef de corps que compte la Justice belge débutent cette semaine. Revue de détail, avec des nouveautés comme le screening psychologique des candidats.

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