L'aéroport de Gatwick au bord du chaos

Des drones provoquent de fortes perturbations dans le deuxième aéroport le plus occupé du Royaume-Uni depuis mercredi. La police recherchait toujours les responsables hier soir.

Au moins 155 vols ont été annulés et des centaines d'autres retardés depuis mercredi à l'aéroport de Gatwick, au sud de Londres, après le signalement de deux drones dans la zone de décollage et d'atterrissage. Le report des vols a créé une surcharge vendredi, avec quelque 837 vols et 130.000 passagers. La situation pourrait empirer ce week-end, avant la vague de départs et d'arrivées liés à Noël, puisque les vols ont été de nouveaux suspendus hier en fin d'après-midi, après une journée de répit.

Même si la police a quelques pistes potentielles, les responsables n'étaient pas identifiés vendredi soir. Il pourrait s'agir d'activistes environnementaux opposés à l'explosion programmée du nombre de passagers aériens dans les années à venir. D'autres pistes criminelles sont également explorées.

Les premières compagnies touchées par les annulations et les reports ont été Norwegian Air, Easy Jet, British Airways et China Eastern Airlines. Ryanair a dû transférer des vols vers l'aéroport de Stansted, au nord de Londres. L'enquête sur l'origine de ces nuisances avance, mais les autorités peinent à identifier les modèles des drones et l'endroit d'où ils ont été dirigés.

Ce genre d'incidents est de plus en plus courant. Cent vingt vols de drones avaient été enregistrés aux abords des aéroports britanniques cette année jusqu'en novembre, contre seulement 6 en 2014. Tous les aéroports sont concernés, avec des niveaux de risques variables, classifiés de A à D par la RAF Safety Centre. L'aéroport le plus touché est celui d'Heathrow. Gatwick a déjà dû annuler des vols en raison de ces survols dangereux, notamment en juillet 2017, mais dans des volumes nettement moindres.

Cette fois, les autorités parlent d'un "acte délibéré", avec la volonté de nuire. La technologie évolue à une vitesse impressionnante, permettant aux pilotes d'opérer des engins de plus en plus puissants et robustes à des distances de plus en plus éloignées, et pour des prix de plus en plus accessibles.

Le ministre des transports, Chris Grayling, a confirmé que cet incident était "sans précédent, où que ce soit dans le monde". "Des leçons doivent être retenues", mais il n'y a "pas de solution simple" et il n'est "pas possible de faire feu de façon aléatoire à l'intérieur d'un aéroport", a-t-il dit.

Les technologies permettant d'éloigner, intercepter ou détruire de tels engins sont quasiment inexistantes. Les pilotes ont décidé, d'eux-mêmes, d'interrompre leur activité jeudi soir à 22h après avoir sans cesse vu apparaître et disparaître ces engins.

Pour l'instant, la loi interdit à un drone de voler à moins d'un kilomètre d'un aéroport ou au-dessus de 122 mètres, en raison des risques de collision avec un avion. La mise en danger de passagers aériens est passible de cinq ans d'emprisonnement.

Publicité
Publicité

Echo Connect