La distillerie Belgian Owl multiplie sa production par 4 et ses capacités par 20

La distillerie qu'a fondée Etienne Bouillon compte aujourd'hui plus de 2.300 fûts en cave de vieillissement. ©© Anthony Dehez

Alliée à une qualité irréprochable, la rareté est un atout qui se cultive jalousement. C'est particulièrement vrai dans le monde des alcools et spiritueux. En Belgique, les moines trappistes de WestVleteren et leurs confrères d'Orval en savent quelque chose: les consommateurs s'arrachent d'autant plus leurs bières qu'elles font souvent défaut dans les rayonnages des grandes (et moins grandes) surfaces. La distillerie Belgian Owl est en train de suivre le même chemin. Le whisky mis au point par le maître distillateur Etienne Bouillon et ses associés, Pierre Roberti pour la partie agricole et Christian Polis pour la finance, est devenu un "must", non seulement parce qu'il a été élu à deux reprises meilleur single malt d'Europe continentale par Jim Murray, l'expert international en whisky par excellence, mais aussi parce qu'il est difficile à trouver. La distillerie établie à Fexhe-le-haut-Clocher, en Hesbaye sèche, ne produisait jusqu'à présent que 20.000 bouteilles par an. Du coup, dix mois sur douze, on était en rupture de stock. Or les commandes, notamment en provenance de l'étranger, ne cessaient d'affluer, stimulées aussi par les prix décrochés par le précieux breuvage à 46 degrés.

LE RÉSUMÉ

La distillerie de whisky liégeoise devient une véritable success story.

Lancée en 2004 par Etienne Bouillon qui était seul à l'époque, l'entreprise est pilotée aujourd'hui par 3 associés, emploie 7 personnes et vient d'investir dans un hall d'embouteillage et un centre de visite.

Elle a porté sa production de 20.000 à 80.000 bouteilles et sa capacité théorique à 400.000 flacons.

La situation allait finir par devenir ingérable. Les trois associés ont donc décidé d'investir dans les capacités de leur outil logé dans une magnifique ferme château, sur les hauteurs entre Waremme et Liège. Il y a un peu plus de trois ans, ils ont racheté deux alambics plus que centenaires en provenance de l'ancienne distillerie écossaise de Caperdonich. De quoi passer de 500 litres de capacité par distillation à 8.000...

1,4 million d'euros

Dans la foulée, ils ont installé l'an dernier deux silos où stocker leur malt d'orge. Puis, en mars 2016, ils ont ouvert un nouveau chantier: la construction d'un hall d'embouteillage à l'extérieur de la ferme. Un investissement de 1,4 million d'euros, qui vient d'entrer en opération, et qui permet à l'entreprise d'embouteiller au rythme de 1.000 bouteilles à l'heure.

"Grâce aux 'nouveaux' alambics, nous sommes passés à 80.000 bouteilles par an", souligne Etienne Bouillon. Comme il faut trois ans de vieillissement pour faire d'un spirit un whisky, les premières bouteilles produites au nouveau rythme arrivent seulement maintenant sur le marché. Les quelque 150 personnes qui avaient préfinancé la distillation de celles-ci en achetant des parts de fûts en 2013, sont invitées à venir chercher ce week-end leurs flacons à la distillerie. Une petite fête a été organisée sur place à leur intention.

Mais ce n'est pas tout. Tel qu'il est configuré à présent, l'outil a une capacité théorique de 400.000 bouteilles par an. Le projet n'est pas d'y aller tout de suite, mais de monter progressivement en gamme. Il s'agit de bien gérer la rareté, ainsi que l'augmentation de la production d'orge par les quelques agriculteurs locaux sélectionnés. "On pourrait aller vers les 200.000 bouteilles d'ici 2020", lance Christian Polis.

Le succès qui se profile a déjà attiré des candidats au rachat. Poliment éconduits par les trois associés! "On est là pour le très long terme", conclut Polis. Un premier exercice bénéficiaire vient d'être bouclé, et la hausse des ventes programmée va doper la trésorerie. Meusinvest et ING, qui ont contribué au financement du dernier investissement, n'ont pas trop de soucis à se faire.

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