La performance

09/06/1990 La performance

09/06/1990 La performance

fonds de pensions belges en 1989 H Une année relativement médiocre Au cours de ces trois dernières années, Mercer-Henrijean a constitué une banque de données enregistrant les transactions d'un large échantillon de fonds de pensions. Ces informations fournies mensuellement et directement par les organismes financiers gestionnaires permettent de mesurer de manière très précise les performances des fonds de pensions participants et d'établir des comparaisons entre eux. Mercer-Henrijean fournit aux fonds de pensions participants leur performance par secteur d'investissement et, depuis l'an dernier, nous sommes en mesure d'informer chaque fonds de pensions qui le souhaite de sa performance trimestrielle.

Les études de performance sont assorties d'une analyse visant à déterminer les raisons de la bonne ou de la mauvaise performance du fonds de pensions.

Pour l'année 1989, 50 fonds de pensions ont participé à ce service. Les fonds de pensions les plus importants confient en général leurs investissements à deux, voire trois institutions financières, généralement dans le but de mieux exploiter leur spécialisation. C'est ainsi que nous avons analysé plus de 70 portefeuilles gérés par 19 organismes financiers différents parmi lesquels on retrouve des institutions financières françaises, allemandes, suisses, anglaises, américaines et japonaises.

Certains portefeuilles sont gérés directement par le fonds lui-même, utilisant la direction financière de l'entreprise pour les conseils et les transactions.

Globalement, les avoirs de ces 50 fonds totalisent plus de 72 milliards au 31 décembre 1989, soit plus du tiers du total des investissements des fonds de pensions en Belgique, estimé à 200 milliards. Composition des portefeuilles Le fait le plus saillant de l'année-

1989 fut un désinvestissement spectaculaire en obligations étrangères au cours du dernier trimestre, phénomène résultant notamment des craintes de changements dans le régime fiscal appliqué aux obligations à coupon nul. En moyenne, les fonds de pensions ont vendu des obligations étrangères pour un total représentant 9% de leur portefeuille global et, jusqu'à présent, le produit de ces ventes n'a été que partiellement réinvesti, augmentant d'autant les liquidités.

Alors qu'en fin 1988, plus de 26% des avoirs des fonds de pensions étaient investis en obligations étrangères, ce pourcentage est ramené à 12,1% en décembre 1989.

En revanche, les actions étrangères ont progressé régulièrement au cours de l'année pour finalement représenter en décembre le secteur d'investissement le plus fort avec près d'un tiers des investissements des fonds de pensions.

La répartition moyenne des investissements des fonds de pensions pour l'échantillon considéré se présente comme suit: 31.12.88 31.12.89

En % En %

Oblig. belges 21,6 19,8

Oblig. belges conv. 0,8 0,5

Actions belges 9,3 12,3

Immobilier 5,9 6,9

Liquidités 11,9 17,1

Oblig. étrangères 26,2 12,1

Actions étrangères 24,3 31,3

100 100

Performances Les returns globaux réalisés par les 50 fonds de pensions formant notre échantillon varient dans l'intervalle de 2,4% à 17,6% autour d'un return médian de 7,5%. Ces returns sont calculés nets de taxes et de frais.

Le return global représente en réalité la moyenne pondérée de returns sectoriels dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas uniformes. En effet, les investissements en actions belges ont engendré des returns allant de 3,6 à 102% avec un return médian de 17,6%. Ce return médian peut être considéré comme très satisfaisant puisqu'il dépasse les 16,5% de l'indice return de la Bourse de Bruxelles.

Les obligations belges ont fait preuve de plus d'homogénéité, mais ont généré des rendements peu glorieux compris entre - 2,2% et 4,8% avec un taux médian de 0,6% néanmoins supérieur à l'indice "Remy Net Return" de 1%.

Les investissements immobiliers sont, quant à eux, plus volatils et leurs rendements varient de - 2,0 à 95,3% passant par un taux médian de 14,7%. Le rendement exceptionnel de 95,3% reflète la situation d'un fonds de pensions ayant réévalué ses actifs immobiliers en 1989.

En ce qui concerne les actions étrangères, pour la première fois en trois ans, le fonds médian bat l'indice avec un return de 13,7 comparé au 9,9% du MSCI World Index. Cette excellente performance est notamment due à une sous-pondération générale des portefeuilles en actions japonaises très décevantes ces derniers temps. Le peu d'investissements réalisés par les fonds de pensions en valeurs japonaises se sont d'ailleurs révélés moins heureux que ceux réalisés dans les autres pays et le return médian en valeurs japonaises s'est fixé à - 7,4% comparé au + 1,4 du Tokyo New SE Return. Ce manque de perspicacité dans le choix d'actions japonaises n'est pas l'apanage des fonds de pensions belges. Les fonds de pensions anglais, par exemple, ont également manqué de discernement en cette manière, mais ceci est particulièrement marqué en Belgique.

Dans le secteur des obligations étrangères dont l'importance s'est considérablement réduite en 1989, les returns varient de - 5,2% à $+ 6,6% et le return médian s'établit à - 0,7% soit légèrement plus bas que le Salomon Bros Return de 1,5%.

En résumé, l'année 1989 fut relativement médiocre en termes de performance en raison d'un marché des obligations dépressif. Cependant, certains money managers ont su profiter d'opportunités et obtenir des returns élevés dans des actions belges à faible capitalisation boursière. C'est ainsi que tous les fonds de pensions du premier quartile ont réalisé des returns supérieurs à 34% dans le secteur des actions belges. Paul KELLY Actuaire

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content