Le Balthazar nouveau est arrivé

©Athos Burez

Après avoir pris la tangente, les deux ténors du groupe flamand se sont retrouvés, plus mûrs, pour un 4e album, "Fever". C'est l'une des grandes sorties belges de l'année, et par le groupe flamand le plus excitant du moment. Et c'est en Angleterre que Balthazar a choisi de lancer sa tournée européenne... "On ne peut que grandir après ça!"

"Fever"

NNNNn

1 CD Pias

Jinte Deprez et Maarten Devoldere sont les auteurs-compositeurs et aussi les chanteurs et guitaristes de Balthazar. Et c'est toujours eux qui donnent les interviews au nom du groupe. Ces figures de proue (et de style) ont, ces trois dernières années, été happées par des projets parallèles. Pour Jinte, il s'agissait d'un autre groupe nommé J.Bernardt, pour Maarten, c'était Warhaus. L'un comme l'autre ont connu plus qu'un petit succès d'estime. "On ressentait le besoin de s'écarter de la machine bien huilée de Balthazar. On la trouvait un peu trop prévisible. On tournait sans arrêt et avait sorti trois albums. Nos projets solos nous ont permis d'explorer d'autres genres, de ne subir aucune pression et de pouvoir rejouer dans de petites salles. On a ressenti beaucoup de plaisir et de liberté dans cet exercice", explique Jinte. Jusqu'à ce que les deux compères se retrouvent l'an passé pour des sessions d'écriture du nouvel album de Balthazar. La "machine" ne demandait qu'à repartir.

Ludique et aventureux

Le morceau "Fever", qui donne aussi son titre à l'album, a donné l'étincelle à l'assemblage des autres chansons. Selon Jinte, il correspond à la rencontre de l'ancien Balthazar et du nouveau. On y retrouve aussi des éléments de leurs projets solos respectifs - quelque chose de ludique et d'aventureux. Depuis le départ de la violoniste Patricia Vanneste, Balthazar est une formation entièrement masculine de cinq musiciens. Un all-male cast. "Cela faisait quatorze ans qu'elle était dans le groupe et elle voulait passer à autre chose. Mais nous restons bons amis et elle a assuré avec son quartet toutes les sessions de cordes", précise Jinte.

Parmi les nouveaux morceaux, "Phone Number" est particulièrement séduisant. "C'est une chanson de rupture où il est question de finir en douceur", explique Maarten. Les relations amoureuses sont pour eux une inspiration sans fin... "La pop music est faite pour ça. Les meilleures chansons pop parlent d'amour ou de son absence", dit Jinte en riant. Il calcule que sur "Fever", il y a pas moins de quatre chansons sur des ruptures. "Nous chantons à quel point nous sommes stupides mais nous le disons de manière intelligente", résume Maarten. "Plus on avance en âge, plus on sait qu'on ignore tout de la vie", ajoute-t-il philosophiquement. Jinte aime se lever le matin et constater qu'il ne pense plus du tout la même chose que la veille. "C'est la beauté qu'il y a dans le fait de changer d'avis".

Les deux musiciens ont passé le cap de la trentaine. "On se prend moins au sérieux qu'avant et on est moins prétentieux. Quand on a commencé Balthazar, on voulait être pris au sérieux. Aujourd'hui, on boit plus d'eau pendant les interviews", assure Jinte en joignant le geste à la parole.

Pour Maarten, la Belgique est un bon terrain pour grandir dans le rock et la pop. "La mentalité est bonne ici. La France et l'Allemagne sont de plus grands pays mais notre scène belge est plus intéressante. Je pense, par exemple, à Angèle dont j'aime beaucoup l'album." Jinte constate que des artistes tels qu'Angèle et Roméo Elvis sont très connus en Flandre et que, de leur côté, grâce à "La Trêve", la série télé dont ils ont écrit la bande originale, Balthazar a gagné du public en Wallonie.

Belgium's got talent

Jinte vit à Anvers, Maarten à Gand. Ils ne semblent pas particulièrement touchés par les changements politiques dans ces villes. "Je ne m'intéresse pas trop à la politique nationale. On dirait un soap opera", dit Maarten. Jinte, de son côté, assure qu'il vit dans sa bulle, avec ses amis qui sont comme lui, plutôt de gauche. Ni l'un ni l'autre ne se voient écrire de chansons sur des questions de société. "On fait des chansons personnelles. De cette façon, on ne peut pas se tromper. Et, en plus, ces chansons ne vieillissent pas vite", estime Jinte. "Et puis, renchérit Maarten, si on faisait une chanson sur un thème de société, cela voudrait peut-être dire qu'on penserait pouvoir la changer, la société? Et Bob Dylan a réalisé à vingt-sept ans que ce n'était pas possible."

Tout belge qu'il soit, Balthazar a choisi de démarrer sa tournée européenne en Angleterre. "Quand on commence là, on ne peut que grandir après. C'est, sans doute, pour cette raison qu'il y a tant d'excellents groupes anglais. C'est tellement dur!", constate Maarten. Jinte constate aussi les différences entre l'Angleterre et l'Irlande. La tournée passera par de nouveaux pays pour le groupe comme la Roumanie ou la Slovaquie. "Comme Balthazar est devenu un groupe important, on peut être sélectif sur les dates et les salles", conclut simplement Jinte. On les attend très certainement dans les festivals de l'été...

Concert le 8/3 au Lotto Arena d'Anvers.

Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content