Le CHU de Liège lance sa première spin-off

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Le CHU participe au lancement d'Osimis, une spin-off fondée autour de son logiciel libre d'imagerie médicale, Orthanc. Il a reçu le prestigieux prix en la matière à Boston en mars.

Bonne nouvelle pour la rentrée académique du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège. Selon nos informations, l'institution participera au lancement d'Osimis (pour Open Standard Interoperable Imaging Systems), sa première spin-off concrète, fondée autour d'une découverte menée en son sein. "C'est un projet particulier à tendance innovante. L'objectif est de fournir des services aux hôpitaux autour du logiciel Orthanc. Il y a notamment la formation, l'installation ou encore le support ou la maintenance. Nous pouvons leur proposer également une analyse de leurs besoins en imagerie médicale", nous a expliqué Sébastien Jodogne, ingénieur informaticien au département de physique médicale du CHU.

Osimis sera donc créé au départ d'Orthanc. D'après son concepteur, ce dernier est un logiciel libre et open source développé au sein du CHU. "Il est de qualité industrielle et permet d'améliorer les flux d'imagerie médicale, notamment dans le cadre du traitement du cancer. Le transfert des images médicales entre un point A et un point B est un problème auquel tous les hôpitaux sont confrontés, singulièrement dans la prise en charge thérapeutique du cancer. La spécificité d'innovation d'Orthanc est sa capacité à créer, à bas coûts, des passerelles entre des logiciels et des équipements gérés par des firmes différentes ou entre services médicaux. Il permet ainsi de résoudre les problèmes d'interopérabilité et de compatibilité rencontrés jusqu'à présent", détaille Sébastien Jodogne.

C'est en 2011, face au manque d'offres commerciales pour résoudre les problèmes d'interopérabilité et de compatibilité que le département de physique médicale du CHU de Liège a initié le développement du logiciel. Quatre ans plus tard, ce logiciel aligne les prix.

Le 21 mars dernier, la Free Software Foundation" décerne au jeune ingénieur son "Award for the Advancement of Free Software" pour l'année 2014 lors d'une cérémonie au MIT à Boston (USA). Ce prix récompense annuellement les contributions d'une personne physique au logiciel libre et open source. C'est la plus haute distinction mondiale en la matière. Sébastien Jodogne a également été primé par Agoria, l'industrie technologique belge. Le logiciel a été nominé pour le prix Zénobe 2013 pour l'innovation sociale.

À ce jour, Orthanc a dépassé la barre des 15.000 téléchargements notamment par plusieurs hôpitaux aux USA (New York, Los Angeles, etc.) et dans le monde. "De par son aspect open source, il s'inscrit pleinement dans une logique universitaire de partage de connaissances, de collaboration et d'échanges interhospitaliers", souligne Julien Compère, administrateur délégué du CHU de Liège.

Le tour de table financier pour constituer Osimis est déjà bouclé. La nouvelle spin-off sera portée sur les fonts baptismaux dans les tout prochains jours. Elle est dotée d'un capital de 177.000 euros entièrement souscrit, principalement par des investisseurs privés et le CHU de Liège, qui détient 15% du capital. À ce stade, il n'y a pas trace des outils économiques wallons comme Meusinvest ou Sowalfin. "Notre souhait est de rester indépendant le plus longtemps possible. Nous n'excluons pas l'arrivée d'autres partenaires (Meusinvest, ULB, etc.) après dans une seconde étape", nous a confié Frédéric Lambrechts, CEO d'Osimis.

Nouveaux produits

Outre les services liés à Orthanc, Osimis est déjà occupée sur le développement de nouveaux produits à l'attention des CRO (sociétés de recherche sous contrat qui réalisent pour les fabricants de médicaments des travaux de R&D nécessaires à l'élaboration et à la mise sur le marché de nouveaux produits pharmaceutiques) ou des applications cloud. Pour son démarrage, Osimis a bénéficié d'un emprunt sans intérêts de 30.000 euros accordé par la Fondation Roi Baudouin via son "Caring Entrepreneurship Fund". Vu les opportunités qui s'ouvrent pour la nouvelle spin-off, Frédéric Lambrechts prédit déjà une rentabilité dès la troisième année.

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