"Le gouvernement Michel doit penser à long terme"

L'AmCham est optimiste pour l'emploi US en Belgique.

Elle salue la philosophie "plus proche des attentes des entreprises" du gouvernement Michel.

Marcel Claes, son chief executive, se félicite de la réforme des pensions tout en appelant à ce que les Belges commencent par travailler jusqu'à 65 ans.

La Chambre de commerce américaine en Belgique (AmCham) a mis à jour ses chiffres des emplois fournis par les 50 plus gros employeurs américains de notre pays. En 2013, dernière année pour laquelle l'AmCham dispose de statistiques, on pouvait parler de 85.829 emplois, soit une légère baisse par rapport à l'année précédente (-4,7%). Pas de quoi s'affoler cependant alors que cette baisse s'expliquerait en partie par la création de spin-offs au sein de certaines de ces grandes entreprises, explique-t-on chez l'AmCham. "Les investissements américains en Belgique et l'emploi y étant associé restent stables", notait d'ailleurs hier le nouveau président de l'AmCham, Howard Liebman (par ailleurs partenaire associé au sein du bureau d'avocat Jones Day), à l'occasion de la présentation de ces chiffres.

Pension à 67 ans

La Chambre de commerce se veut d'ailleurs optimiste pour les années à venir, estimant que la Belgique reste un pays attractif pour les investisseurs américains. Et le gouvernement Michel n'y est pas pour rien. "La philosophie du gouvernement fédéral actuel est plus proche des attentes des entreprises", se félicite ainsi sans surprise Marcel Claes. Et le chief executive de l'AmCham de saluer notamment le passage de la pension à 67 ans. "C'est un bon signal, mais la priorité est quand même de faire en sorte que tout le monde travaille jusqu'à 65 ans", tempère-t-il en soulignant que la Belgique se situe nettement à la traîne en matière d'emploi des plus de 58 ans, notamment par rapport aux pays scandinaves.

Globalement, à l'AmCham, on estime que le gouvernement Michel a pris de bonnes décisions sur le court terme. C'est du moins ce qui ressort d'une enquête réalisée auprès de ses membres ce printemps. Par contre, à plus long terme, un coût du travail encore trop élevé reste "la" priorité. En matière de politique énergétique et de mobilité, aussi, il faudrait penser à plus long terme, estime la chambre de commerce.

Impôts régionaux

Quant au transfert des compétences vers les régions, elles ont parfois tendance à embrouiller les investisseurs américains, met en garde l'AmCham, notamment en matière fiscale. "Aux États-Unis, l'impôt fédéral reste la principale taxation. Les États peuvent y ajouter leurs propres impôts, mais leurs taux restent marginaux et ils sont même parfois nuls. En Belgique, l'équilibre est en train de s'inverser entre l'impôt fédéral et les impôts régionaux. Cela pourrait créer de la confusion pour les investisseurs américains", estime Liebman.

Accord transatlantique

Enfin, en ce qui concerne le traité transatlantique, le fameux TTIP actuellement négocié entre l'Union européenne et les États-Unis, l'AmCham sait qu'elle a du pain sur la planche pour convaincre ses interlocuteurs belges du bien-fondé d'un tel traité. Si on ne s'y inquiète pas trop de l'accueil que lui réserverait le parlement flamand, "ce sera plus difficile au niveau des parlements bruxellois et wallon", reconnait ainsi Claes.

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