Le gouvernement d'Alexis Tsipras vacille

La démission du ministre de la Défense porte un coup à la majorité du Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Dimanche, les Grecs indépendants, allié gouvernemental de Syriza depuis son arrivée au pouvoir il y a 4 ans, ont décidé, via leur président et ministre de la Défense Panos Kammenos, de se retirer du gouvernement. Cela laisse théoriquement le Syriza avec 145 voix au Parlement tandis que la majorité est à 151 députés.

Le contentieux entre Alexis Tsipras et Panos Kammenos, son allié souverainiste, concerne l'accord passé par le Premier ministre grec concernant le nom du pays voisin, officiellement Ancienne république Yougoslave de Macédoine (Arym), qui doit changer de nom constitutionnel pour devenir Macédoine du Nord.

Le contentieux entre la Grèce et son voisin du nord date de 1991 et la création du pays issu de l'éclatement de la Yougoslavie. Les revendications territoriales, que les premiers gouvernements du petit pays de 2 millions d'habitants avaient mises en exergue dans les années 1990 en imprimant des cartes qui montraient une grande partie de la Grèce du Nord, dont la ville de Thessalonique, annexée par la nouvelle république ne furent jamais oubliées. Elles nourrissent une peur quasi irrationnelle du voisin dans la population grecque. Selon tous les sondages, une majorité de Grecs considèrent qu'en acceptant que le pays voisin s'appelle Macédoine du Nord, la Grèce valide ses supposées visées expansionnistes.

Jusqu'ici, le dossier macédonien a été fatal à tous les hommes politiques grecs qui ont voulu le régler depuis 28 ans. Et la Grèce bloque systématiquement la candidature du petit pays tant à l'Otan qu'a l'UE.

Pourtant, Alexis Tsipras voyant en son homologue macédonien Zoran Zaev un interlocuteur digne de foi, osa s'attaquer au noeud gordien de la question macédonienne. Un compromis fut trouvé le 17 juin à Prespes. L'accord fut salué par l'ensemble de la communauté internationale à l'exception de la Russie qui ne veut pas qu'un pays des Balkans adhère encore à l'Otan.

Vote de confiance

Validé le 11 janvier par le Parlement macédonien, l'accord doit maintenant être approuvé par le Parlement grec. C'est pourquoi Kammenos, qui a depuis plus de 20 ans crié son opposition à toute solution concernant le nom du pays voisin a quitté le gouvernement.

Affaibli politiquement, Alexis Tsipras a immédiatement demandé un vote de confiance au Parlement. Il aura lieu ce mercredi soir. D'ici-là, le Premier ministre grec espère avoir trouvé les six députés qui manquent à sa majorité. Aux dernières nouvelles il en aurait déjà trouvé 5, dont trois députés... des Grecs indépendants. S'il obtient la confiance, le vote sur l'accord de Prespes devrait suivre dans les jours qui viennent. Dans le cas contraire, des élections anticipées auraient lieu, même si cela n'est pas constitutionnellement nécessaire car politiquement, la situation serait intenable. Les législatives sont normalement prévues pour octobre 2019.

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