Le néo-louvaniste Tessares prend son envol, porté par Proximus, KPN et Telia

Un fermier de l'Iowa, en avril 2018. Tessares cible le développement d'internet en zone rurale. ©© Bloomberg via Getty Images

Le top départ de la croissance vient d'être donné du côté de Tessares. La jeune spin-off de l'UCL, active dans l'amélioration de l'expérience internet de tout un chacun en zone rurale, a en effet signé avec l'opérateur de téléphonie historique Telia pour la Finlande, pour lequel elle travaillait déjà en Lituanie.

Tessares

Fondée en 2015 sur la base des travaux de deux chercheurs de l'UCL dans le secteur des télécoms.

A levé 3 millions d'euros en mars auprès de la SRIW et de ses actionnaires historiques (Proximus et le fonds d'investissement Vives II).

A généré un chiffre d'affaires supérieur à un million d'euros l'an passé. Vise la rentabilité d'ici fin 2019, voire début 2020.

Emploie aujourd'hui une trentaine de personnes.

Compte parmi ses clients Proximus, KPN (Pays-Bas) et Telia (Lituanie et Finlande).

le résumé

Avec Telia Finlande, la spin-off active dans l'amélioration de l'expérience internet en zone rurale compte à présent quatre opérateurs comme clients. Ensemble, ils ont permis à sa solution d'équiper à ce jour 50.000 à 100.000 foyers.

Un développement qui porte aujourd'hui à quatre le nombre d'acteurs ayant commencé la commercialisation de la solution de la boîte néo-louvaniste, mais aussi et surtout qui donne un sacré coup de fouet à son activité. "Alors qu'on était sur un nombre de quelques centaines de lignes activées par mois, nous sommes désormais passés à plusieurs milliers par semaine", se félicite Denis Périquet, cofondateur et CEO de Tessares.

En cause de ce boom, une certaine "concomitance" entre phases de déploiement sur des zones pilotes, puis sur un déploiement à plus grande échelle, pour les différents partenaires de l'aventure. "On a vraiment vu un point d'inflexion à partir du mois de septembre", précise le patron, tendance dopée par d'importants efforts marketing menés depuis peu à grande échelle par les opérateurs.

Résultat, la jeune pousse équipe en l'état "entre 50.000 et 100.000 foyers" avec sa technologie, alors qu'elle n'était présente que chez 15.000 foyers au mois de mars.

Rentabilité visée d'ici fin 2019

L'objectif derrière cette recherche de volume? "D'arriver à la rentabilité d'ici fin 2019, voire début 2020", afin de passer du statut de "start-up prometteuse" à celui de "scale-up profitable".

Une mue en bonne voie a priori, car lorsqu'on regarde le chemin parcouru, force est de constater que la spin-off de l'UCL a bien grandi depuis sa création en 2015 par le professeur Olivier Bonaventure, les chercheurs Sébastien Barré et Gregory Detal, et l'ingénieur civil Denis Périquet.

Aujourd'hui, Tessares, c'est 30 emplois, couplés à un chiffre d'affaires qui a dépassé le million d'euros courant 2017. Sa mission? Répondre à une question simple: "comment améliorer la vitesse des personnes les plus mal servies, alors que le déploiement de la fibre n'arrivera pas chez elles avant un certain temps".

3 millions levés en mars

Pour ce qui est de l'ascension rapide de la jeune pousse, il convient de souligner le rôle important qu'a joué Proximus, y injectant encore 3 millions en mars dernier, aux côtés du fonds d'investissement dans les spin-offs de l'UCL (Vives II) et de la SRIW.

Actionnaire de la première heure (aux côtés de Vives II) et client de Tessares depuis lors, l'opérateur lui a indéniablement ouvert des portes. "Ils ont joué un rôle de codéveloppement de notre solution, souligne Denis Périquet, mais nous ont aussi permis de les mentionner comme référence commerciale, ce qui nous a aidés dans notre construction de crédibilité".

Un coup de pouce non négligeable qui devrait encore aider la start-up à l'avenir, lui permettant même de s'exporter hors de l'Union européenne par exemple, alors que des marques d'intérêt pour son offre ont été exprimées en Amérique du nord, en Asie Pacifique et en Australie, entend-on. Pour se faciliter cette tâche, elle a pris la décision de recourir à des business developers, au nombre de deux, l'un basé à Singapour et l'autre en Amérique du nord.

Comment est né ce partenariat avec l'opérateur historique? Via un professeur d'université qui a cherché à faire valoir la thèse de deux de ses doctorants auprès du directeur des réseaux de Proximus... pour le bonheur de Tessares. Une histoire qui dure depuis lors.

Quatre autres clients en vue

L'on interroge alors le patron sur l'après, sur ce qu'il regarde comme possible prochaine vague, destinée à remplacer celle-ci quand elle viendra à s'essouffler, de par un taux de pénétration devenu, à un moment donné, trop important. "On travaille sur un autre sujet en parallèle, pour lequel on essaie d'aller chercher un financement européen. Il est encore un petit peu tôt pour en parler". Nous n'en saurons pas plus. Par ailleurs, si "la technologie qui a été développée jusqu'ici permet l'agrégation de n'importe quel type de réseau, soit DSL ou 4G, l'on pourrait aussi imaginer dans les prochains mois une solution plus orientée vers les smartphones".

Du reste, Tessares vient d'achever une phase pilote auprès de deux nouveaux opérateurs, quand deux autres phases pilotes viennent tout juste d'être initiées, l'une en Europe centrale, l'autre en Amérique du nord. La croissance devrait dès lors se poursuivre assez logiquement à terme.

Se pose donc une dernière question: qu'est-ce qui différencie la spin-off de plus gros acteurs avec lesquels elle entre en concurrence? Pourquoi des acteurs établis ont-ils recours à ses services? "Notre expertise est reconnue, de par une technologie sous-jacente drivée par la recherche à l'UCL, mais aussi de par une approche uniquement orientée logiciel, tournant sur différents types de boîtiers", indique Denis Périquet. Un plus que les "opérateurs apprécient car ils ont la liberté de choisir le hardware sur lequel cela va tourner, à la différence de nos concurrents dont les solutions sont perçues comme plus cadenassantes", conclut-il.

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