Le scandale Schild & Vrienden contrarie la campagne électorale de la N-VA

Dries Van Langenhove, le fondateur de Schild & Vrienden, devant un parterre de supporters. ©© FB

C'est une véritable onde de choc qui a traversé, hier, le nord du pays après la diffusion par la VRT d'un reportage d'investigation sur l'organisation estudiantine Schild & Vrienden et ses pratiques d'extrême droite.

LE RÉSUMÉ

Un reportage de la VRT met au jour les penchants racistes, sexistes, antisémites et homophobes de Schild & Vrienden.

Une vingtaine de jeunes de la N-VA sont associés de près ou de loin à l'organisation identitaire flamande.

Bart De Wever a promis de faire le nettoyage au sein de son parti.

Le reportage laisse apparaître des propos racistes, sexistes, antisémites et homophobes tenus dans des chats internes au sein de ce mouvement identitaire dirigé par un étudiant en droit de l'université de Gand, Dries Van Langenhove. Celui-ci était même parvenu à se faire élire en tant que représentant des étudiants au sein du conseil d'administration de l'université.

On ne connaît pas le nombre de membres de l'organisation mais on sait, par contre, qu'elle compte 14.000 suiveurs sur Facebook et 900 participants au chat interne.

L'infiltration est un des objectifs avoués de Schild & Vrienden qui a réussi à faire élire plusieurs de ses membres au Conseil flamand de la jeunesse (Vlaams Jeugdraad), un organe consultatif du gouvernement flamand. Ils ont notamment tenté de manipuler des enquêtes réalisées par le Conseil.

Nettoyage

Dans la classe politique flamande, les réactions d'indignation ont fusé de toutes parts. Le parquet gantois s'est saisi de l'affaire, étant donné que dans le reportage, certains membres ou sympathisants posent avec des armes. Dans la foulée, l'université de Gand a lancé une procédure d'exclusion de Dries Van Langenhove de son conseil d'administration.

L'affaire tombe très mal pour la N-VA, dont plusieurs membres de la section des jeunes ont été pointés comme mêlés de près ou de loin au groupuscule d'extrême droite. "Le nauséabond et l'extrémisme n'ont pas leur place chez nous", a réagi Bart De Wever, assurant qu'il allait "nettoyer" le parti de ces éléments douteux. "Ma mère me disait toujours qu'il faut être propre sur soi. C'est ce que nous allons faire", a-t-il assuré.

Dès hier, un certain nombre de jeunes candidats aux élections communales (à Alost, Maaseik et Saint-Nicolas notamment), épinglés dans le reportage, ont fait un pas de côté en se retirant de la campagne.

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Theo Francken, a lui aussi fait part sur Twitter de son indignation: "Hier soir, j'ai vu des choses horribles. Ce n'est pas ma Flandre et ce ne sont pas mes valeurs."

Il était indirectement visé par le reportage de la VRT puisqu'on y voit des membres de Schild & Vrienden assurer spontanément la sécurité du secrétaire d'Etat lors d'une conférence qu'il avait tenue à Lubbeek.

La réaction de Theo Francken n'a pourtant pas suffi à calmer la polémique. Ainsi, le président du CD&V, Wouter Beke, a publié sur le site de son parti un billet intitulé "On récolte ce que l'on sème". Evitant soigneusement de citer la N-VA ou Theo Francken, il pointe néanmoins la responsabilité de "politiciens populaires ayant beaucoup de partisans".

Le politologue de la VUB Dave Sinardet, interrogé par Belga, admet que cette affaire pourrait sérieusement contrarier la campagne électorale de la N-VA.

Pain bénit pour la gauche

"Le reportage suggère que la ligne qui sépare le discours conservateur clean de la version nauséabonde et extrême n'est pas toujours aussi claire." Ce qui, selon lui, offre "des munitions supplémentaires" pour les partis de gauche qui auront beau jeu de mettre en garde contre la radicalisation de la droite.

Ceux-ci n'ont d'ailleurs pas tardé à dégainer. "J'aimerais vivre dans une société où personne, ni Cécile Djunga, ni Moussa, ni Karen... n'est prisonnier des images de Theo et ses amis", a lancé sur Twitter le coprésident d'Ecolo, Patrick Dupriez. Cécile Djunga est la présentatrice météo de la RTBF, victime de propos racistes récurrents et dont le témoignage a ému la toile hier (lire en page 2).

Pour Dave Sinardet, la campagne de la N-VA reste un "difficile exercice d'équilibrisme. Le parti doit se montrer suffisamment radical pour convaincre l'électeur du Vlaams Belang, mais il doit également rester attractif pour l'électeur de centre droit".

Le politologue fait remarquer que le reportage ne parle pas seulement de racisme mais également de glorification du nazisme. "Un peu de racisme passe encore chez certains Flamands, mais le culte d'Hitler et des armes risque de récolter beaucoup moins d'enthousiasme."

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