Le shérif de Bruxelles Pierre Vandersmissen

©Photo News

Le commissaire Pierre Vandersmissen s'est fait agresser lors de la manifestation de mardi. Le policier a une réputation sulfureuse. Certains le jugent provocateur. Il n'est pas du genre à palabrer. Il n'hésite pas à monter au front, à entrer dans l'action et dispose du soutien de sa base.

LE PROFIL

Âgé de bientôt 50 ans.

Ancien gendarme.

Rejoint le service d'intervention de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles en 2002, juste après la réforme des polices.

Prend la tête du service d'intervention en 2010.

En novembre 2014, alors qu'il a été mis de côté, une manifestation dégénère. Des policiers sont blessés. Ils réclament sa remise en fonction.

Le 24 mai 2016, il est victime d'une agression lors d'une manifestation syndicale.

Sur Facebook, le groupe "Soutien à Monsieur Vandersmissen" affiche 6.640 membres. L'agression dont a été victime le commissaire lors de la manifestation de mardi a suscité un émoi. Le commissaire a dit à La DH qu'il était ciblé. "Des gens veulent visiblement ma peau", a-t-il déclaré. Sur Facebook, un autre groupe avec 2.583 membres demande la démission du commissaire. Pierre Vandersmissen a une personnalité clivante.

Sa gestion des manifestations est critiquée. Il lui est reproché d'attiser la violence. Plusieurs plaintes ont déjà été déposées. "Depuis 2008, j'ai interpellé le conseil communal 17 fois sur des problèmes de violences policières", dit Catherine Lemaître, conseillère communale Ecolo à la Ville de Bruxelles. "Il y a des plaintes mais combien sont infondées? Combien de personnes font la rébellion contre la police et puis porte plainte? Le nombre de plaintes, ça ne veut rien dire si elles s'avèrent ensuite infondées. Si Pierre Vandersmissen en subit, c'est parce qu'il attire l'attention. Il n'hésite pas à aller au front. En tant que chef, il prend ses responsabilités. Et ça, c'est apprécié de ses hommes", défend Luc Ysebaert, conseiller au commissariat général et ancien numéro 2 de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles.

C'est parce qu'il a voulu venir en aide à ses collègues en civil, qu'il a été touché, a expliqué la police à la suite des incidents. "C'est parce qu'il aime en découdre", estiment ses détracteurs. "Vandersmissen SS", "Fasciste", a-t-on déjà pu entendre lors de manifestations. Certains le soupçonnent de tisser un lien avec l'extrême droite. "Jusqu'à preuve du contraire, on n'a aucun élément qui le lie à des mouvements d'extrême droite", précise Manuel Abramowicz, journaliste spécialiste de l'extrême droite. "Ce n'est pas un extrémiste. Loin de là. On en a d'autres plus extrémistes et plus compliqués à gérer à la police", confie ce policier.

Pierrre Vandersmissen n'est pas du genre à hésiter longtemps avant d'agir. "Il peut dialoguer mais il n'aime pas les palabres. Il n'est pas toujours très nuancé. Il a son caractère. C'est un chef qui n'a pas peur. Le problème, c'est qu'au lieu d'avancer d'un pas, il devrait parfois faire un pas en arrière. C'est son seul défaut", dit-elle encore. "On dit qu'il ne porte pas de casque pour permettre la négociation. Mais comment voulez-vous négocier avec un type qui agite sa bombe au poivre? Il n'a aucune ouverture. Il est bêtement provocateur", juge ce manifestant.

Ancien gendarme

À bientôt 50 ans, Pierre Vandersmissen a toujours travaillé à Bruxelles, bien qu'il habite dans le Brabant wallon. Il n'est donc pas néerlandophone comme beaucoup le pensent, mais francophone. Il a démarré sa carrière dans la brigade du métro, avant d'être escadron à la réserve générale. Il a étudié la criminologie à l'Université de Liège dans le cadre de sa formation à la gendarmerie. En 2002, juste après la réforme des polices, il rejoint la zone de police de Bruxelles-Capitale-Ixelles. Il occupera la fonction de directeur adjoint du service d'intervention. Il prendra la tête du service en 2010. L'homme a donc une longue expérience dans la gestion des événements. Et le grand soutien de sa base. "Avec Freddy Thielemans, Pierre Vandersmissen formait un tandem. Avec Yvan Mayeur, ce n'est pas rose tous les jours. Mais Mayeur sait qu'il a encore besoin de lui car il porte tout un service", analyse ce policier.

"S'il dispose d'un aussi grand soutien, ne serait-ce pas parce qu'au fur et à mesure, ses méthodes ont attiré des policiers qui aiment la castagne?", finit par interroger cette autre source.

Soutenu

Le commissaire, qui a réalisé toute sa carrière à Bruxelles, dispose d'un grand respect et soutien de sa base. Un soutien qui lui donne un rôle incontournable dans la police, selon certains.

Réputé violent

Des manifestants ont dénoncé à plusieurs reprises ses arrestations musclées et l'usage de la violence gratuite. L'homme n'est pas du genre à tergiverser. Il n'hésite pas à monter en première ligne.

Controversé

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