Le shutdown est levé pour trois semaines

S'exprimant devant la presse dans la roseraie de la Maison-Blanche, le président des Etats-Unis Donald Trump a indiqué ce vendredi qu'il allait signer une loi garantissant le financement de l'administration fédérale pendant les trois prochaines semaines, soit jusqu'au 15 février.

LE RÉSUMÉ

Donald Trump a annoncé ce vendredi qu'il avait conclu un accord avec les dirigeants du Congrès.

Cet accord met temporairement fin au "shutdown" qui paralyse certains services de l'administration fédérale depuis plus d'un mois.

La proposition de loi, qui ne prévoit pas le financement du mur voulu par Donald Trump le long de la frontière mexicaine, devait être soumise au vote du Congrès dans la journée de vendredi. Une commission bipartisane sera ensuite chargée de se pencher sur la question de la sécurité à la frontière avec leMexique, a déclaré Donald Trump. Le président américain a ajouté que les Etats-Unis n'avaient "pas besoin" de construire un mur en béton de 2.000 km le long de la côte pacifique au Golfe du Mexique. "Nous avons des barrières le long de la frontière, là où les structures naturelles sont meilleures que tout ce que nous pourrions construire", a-t-il dit.

Pour mettre fin au shutdown, qui affecte depuis le 22 décembre quelque 800.000 agents fédéraux, qui se retrouvent privés de revenus, Donald Trump exigeait jusqu'à présent le déblocage par le Congrès de 5,7 milliards de dollars pour la construction du mur à la frontière mexicaine. Mais cette exigence se heurte à l'opposition de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates depuis début janvier, et ne dispose pas non plus d'une majorité qualifiée au Sénat.

Querelle quasi personnelle

Les démocrates s'étaient dit prêts cette semaine à discuter de nouvelles mesures de sécurité à la frontière mexicaine mais seulement à condition que le shutdown soit levé au préalable. Ils ont obtenu gain de cause, même si Donald Trump a prévenu ce vendredi que les administrations fermeraient de nouveau leurs portes dans trois semaines si le Congrès n'est pas parvenu d'ici là à un "accord juste". La pression s'était accentuée vendredi matin sur Donald Trump, plusieurs centaines de vols ayant été retardés dans les régions de New York et de Philadelphie en raison d'une pénurie de personnel dans les aéroports.

Il est de plus en plus difficile de ne pas voir dans ce shutdown, qui frappe les Etats-Unis depuis le 22 décembre, le résultat d'une querelle quasi personnelle entre le président Trump et Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants.

Une querelle dont Trump ne sort pas vainqueur, pour l'instant. D'après un sondage CBSNews publié le 23 janvier, 7 Américains sur 10 estiment que le mur qu'il souhaite ériger à la frontière mexicaine, et dont le financement est à l'origine du problème, ne vaut pas un shutdown. Mais surtout, ils sont 47% à penser que Pelosi gère mieux ce dossier que Trump. Ce dernier a d'ailleurs vu sa cote baisser.

À côté de cela, il semble clair que Trump s'est fourvoyé en pensant que son jusqu'au-boutisme ferait plier les démocrates. En se montrant fier d'aller jusqu'au shutdown et d'être prêt à le faire durer aussi longtemps qu'il le faudrait pour obtenir le financement de son mur, Trump s'est surtout tiré une balle dans le pied. Et dans celui des républicains du Congrès. Certains sont d'ailleurs en train de le lâcher.

Nancy Pelosi aura aussi fait plier Trump sur le discours sur l'état de l'Union qu'il devait donner mardi prochain devant les chambres réunies du Congrès. Après avoir refusé de le reporter, comme Pelosi le lui avait suggéré, Trump a finalement lâché prise et déclaré qu'il ferait son discours plus tard. Politiquement, cette victoire de Pelosi vaut son pesant d'or, même si elle est symbolique avant tout.

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