Les Wallons optent massivement en faveur d'une retraite à 60 ans

En amont du lancement du prochain panel citoyen où 30 Wallons échangeront et émettront des propositions sur les enjeux du vieillissement de la population sur l'évolution de la société, le Parlement wallon vient de diffuser les résultats d'un sondage sur la perception des enjeux du vieillissement. Les conclusions, qui alimenteront les discussions du panel et les réflexions du monde politique, permettent de tirer quelques enseignements.

LE RÉSUMÉ

Un sondage sur le vieillissement commandé par le Parlement wallon conclut que 66% des Wallons ne veulent pas travailler au-delà de 60 ans.

Les résultats de ce sondage, et plus largement les enjeux du vieillissement, seront débattus par un panel de 30 citoyens.

Prenons l'âge de la retraite. C'est sans doute le sujet le plus sensible pour les futurs pensionnés. Récemment, le gouvernement fédéral a fait passer l'âge de la retraite à 65 ans et à l'horizon 2030, il sera porté à 67 ans. Qu'en pensent les Wallons? La société Sonecom, qui a rédigé les questions et mené le sondage, a demandé à 1.023 citoyens wallons âgés de plus de 18 ans et représentatifs (tant sur l'âge, le genre et l'arrondissement du domicile) quel serait pour eux l'âge idéal de la retraite.

La majorité des réponses vont à contre-courant des récentes décisions fédérales. Ainsi pour 44,3% des Wallons interrogés, cet âge idéal se situe à 60 ans. Si on additionne les réponses des personnes favorables à un départ à la pension bien avant les 60 ans, on arrive au constat selon lequel 66% des Wallons ne veulent pas travailler au-delà de 60 ans. Un cran plus loin, 24,6% de personnes situent l'âge idéal à 65 ans.

Pour le bureau chargé du sondage, ces réponses ont le mérite d'être claires: "Cela dénote qu'on a déjà tiré sur la corde et que les gens aspirent à une phase de vie digne d'être vécue".

Après ce constat qui n'aborde pas les questions budgétaires autour du financement des aides publiques, il reviendra aux 30 citoyens, qui intégreront le panel pour sa première réunion le 21 avril, de tirer des conclusions. Entourés par des experts scientifiques et l'institut Destrée, "le groupe pourra par exemple réfléchir et rendre des propositions sur le financement de la retraite à 60 ans", estime André Antoine, le président du Parlement wallon pour qui cette question, même si elle est utopique, mérite d'être posée.

Favorable à l'euthanasie

Le sondage ne s'est pas limité à l'âge de la retraite. Il fournit une myriade d'informations sur la perception qu'ont les Wallons sur le vieillissement. Ainsi, 80% des Wallons sont d'accord pour que l'on facilite la fin de vie des personnes âgées qui ne souhaitent plus vivre.

Du côté des préparatifs, un Wallon sur deux explique avoir pris ses dispositions financières pour sa pension. Moins rassurant, seulement 14% des personnes interrogées disent avoir pris des dispositions en termes d'habitat (place en maison de repos ou en habitat groupé).

Autre élément préoccupant, 81% des sondés connaissent très mal les dispositifs d'aide aux personnes âgées existant au niveau local, régional et fédéral. Le principe de l'assurance autonomie - même s'il est validé par 40% des personnes une fois expliqué, n'était pas connu par 83% des sondés.

La suite? Après la rédaction d'une déclaration de consensus qui réponde aux enjeux du vieillissement, les membres du panel auront l'occasion de débattre le 12 mai avec les députés du Parlement wallon.

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