Les maux des réacteurs nucléaires belges font chuter le bénéfice d'Engie en Belgique

L'énergéticien Engie a vu ses résultats au Benelux chuter de 45% au premier semestre, suite aux problèmes à Doel et Tihange. Il confirme malgré tout ses objectifs pour 2018.

Le chiffre d'affaires réalisé par l'énergéticien français Engie sur les six premiers mois de l'année est stable, à 30,2 milliards d'euros. Le résultat net est en clair recul, à 900 millions d'euros, contre 1,2 milliard au 1er semestre 2017, mais l'ebidta est en légère progression, à 5,1 milliards.

En Belgique, la situation est plus préoccupante. L'ebitda pour le Benelux chute de 45%, à 133 millions d'euros, contre 242 millions sur la même période un an plus tôt. Une situation principalement attribuable aux arrêts prolongés des centrales de Doel 3 et de Tihange 3 suite à de sérieux problèmes de béton dans des bâtiments qui abritent des systèmes de secours. Le redémarrage de Doel 3 a eu lieu cette semaine, mais celui de Tihange 3 n'est pas prévu avant le 1er octobre. Et Doel 4 et Tihange 2 devront faire l'objet d'inspections lors de leurs prochaines révisions programmées pour s'assurer qu'ils ne souffrent pas des mêmes maux.

Engie peine aussi, au Benelux, à cause de la baisse des prix, mais il a pu compenser partiellement ces effets négatifs par davantage d'énergie commercialisée.

Le groupe, qui estime que les arrêts imprévus de ses réacteurs belges auront un impact de 250 millions d'euros sur ses résultats annuels, n'en confirme pas moins ses objectifs financiers pour l'année, avec un résultat net récurrent part du groupe compris entre 2,45 et 2,65 milliards et un dividende de 0,75 euro par action. La progression de sa croissance dans les renouvelables et les infrastructures, complétée par de bons résultats dans les achats et les ventes de gaz, devrait permettre de compenser les effets défavorables du nucléaire belge, affirme Engie.

"Les derniers six mois montrent que nous commençons à tirer les bénéfices des changements stratégiques mis en oeuvre durant les trois dernières années" a déclaré la directrice générale Isabelle Kocher. L'entreprise a lancé en 2016 un plan de transformation sur trois ans pour se concentrer sur les énergies renouvelables, le gaz, les services énergétiques et les activités à prix régulés ou fixés par contrat. Il visait 15 milliards d'euros de cessions, il en a déjà réalisé ou annoncé 16,2 milliards, tandis que dans le même temps il a réalisé ou programmé 14,6 milliards d'euros d'investissements.

Son nouveau président, Jean-Pierre Clamadieu, annonçait début juillet que la prochaine étape serait focalisée sur la croissance. "Nous allons rechercher toutes les opportunités, croissance organique et croissance externe", indiquait-il alors. La direction devrait présenter sa stratégie pour les années à venir lors d'une journée investisseurs désormais programmée pour fin février 2019, alors qu'elle était initialement attendue fin 2018. La cession totale ou partielle par l'État français de sa participation dans Engie (il détient toujours 24,1% du capital) ne devrait intervenir qu'après.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect