Les salariés de Carrefour Belgique craignent à nouveau pour l'emploi

L'incertitude prévaut chez Carrefour Belgique. ©© BELGAIMAGE

Le nouveau CEO de Carrefour doit dévoiler ses intentions le 23 janvier. Des incertitudes planent sur le sort de certains hypermarchés belges. Mais un bain de sang social paraît peu probable.

D'ici une bonne dizaine de jours, les salariés et les responsables des différentes entités nationales du groupe Carrefour sauront de quoi leur avenir sera fait. C'est le 23 janvier en effet qu'Alexandre Bompard, le CEO du distributeur français, doit dévoiler son plan stratégique de relance d'une enseigne qui a connu des jours meilleurs.

Inévitablement, l'inquiétude monte à mesure qu'approche la date fatidique. Le quotidien flamand "Het Laatste Nieuws" faisait état, vendredi, des craintes de certains responsables syndicaux qui se demandent à quelle sauce la filiale belge sera mangée. Et qui craignent un véritable bain de sang social ciblant certains hypermarchés, voire les services administratifs à Evere.

"Ni inquiets, ni rassurés"

Mais tous les états-majors syndicaux ne partagent pas ces craintes. "À ce stade, tout est possible. Nous ne sommes ni inquiets ni rassurés", résume Delphine Latawiec, permanente CNE pour le secteur du commerce. Le plan de transformation du groupe ne sera sans doute pas sans conséquences en Belgique, mais il est prématuré, selon elle, de faire le moindre pronostic sur son impact.

"C'est vrai que Carrefour ne va pas super bien, mais il n'est pas le seul. Actuellement, seuls Lidl, Aldi et Colruyt se portent bien en Belgique", souligne Myriam Delmée (SETCa).

Toutes deux jugent prématurées les rumeurs faisant état de la fermeture d'hypermarchés non rentables et d'une délocalisation, au moins partielle, du service Achats d'Evere à Paris. "Les logiques d'achat sont très différentes entre la Belgique et la France", dit Myriam Delmée.

Une chose est sûre: le statu quo n'est pas envisageable, reconnaissent les syndicats. Les hypermarchés souffrent de la montée en puissance de l'e-commerce, particulièrement dans le non-food. Des changements apparaissent donc inévitables.

A priori, la restructuration qui s'annonce devrait toucher principalement Carrefour France, relativement épargné par les plans sociaux des dernières années.

Reste à voir quelle sera l'ampleur des mesures qui toucheront la Belgique. Le personnel est dans l'expectative. La direction a virtuellement gelé les embauches et proposé des aménagements horaires: ouverture dominicale des Carrefour implantés dans les zones touristiques et ouverture des magasins à 8h. "Nous ne fermons pas la porte, dit Myriam Delmée. Mais ce type de mesures doit avoir du sens sur le plan économique."

Côté syndical, on se dit par contre plus réticent sur une autre mesure proposée par la direction: l'ouverture de commerces extérieurs au groupe dans les magasins. Les syndicats y voient un risque de concurrence déloyale.

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