Premier pari (presque) réussi pour von der Leyen

Ursula von der Leyen doit succéder à Jean-Claude Juncker le 1er novembre. ©© REUTERS

La présidente-élue de la Commission présente ce mardi son équipe. Avec une parité presque parfaite des genres. Reste à passer la seconde épreuve du Parlement.

En présentant son équipe en deux temps - les noms lundi, les portefeuilles mardi -, Ursula von der Leyen laisse le temps à chacun d'apprécier l'effort avant de se jeter dans l'analyse de la composition: la première mission que s'était donnée l'Allemande est presque accomplie. Comme Jean-Claude Juncker, la présidente-élue de la Commission souhaitait un collège composé d'autant de femmes que d'hommes. Et contrairement à lui, elle y est quasiment parvenue. Même si rares sont les États membres qui ont répondu à sa demande de lui envoyer deux noms (un homme, une femme), elle présente une équipe de treize femmes dont elle, et quatorze hommes. Son prédécesseur n'avait obtenu que neuf femmes.

Pas de surprise dans les noms des futurs collègues de Didier Reynders - le seul nom qui était encore en balance avant lundi était celui de la Roumaine Rovana Plumb. Reste encore à voir si tous les membres de l'équipe seront confirmés. Car la liste est provisoire: les candidats doivent passer une audition devant le Parlement européen, entre le 30 septembre au 8 octobre. Et il arrive que les eurodéputés réclament la tête de candidats commissaires, soit pour incompétence, soit pour incompatibilité avec les valeurs que porte le Parlement - l'Italien Rocco Buttiglione était ainsi retourné à Rome après avoir essuyé la défiance des eurodéputés en raison de prises de positions homophobes.

Certains candidats de l'équipe von der Leyen apportent déjà avec eux les semis de la polémique que leurs détracteurs tenteront de faire fructifier. Rovana Plumb, revenons-y, a été accusée de corruption dans son pays et doit à son immunité et à la bienveillance du Parlement roumain de ne pas avoir eu à faire face à la justice. L'opposition roumaine s'est étranglée lundi de la voir reprise dans la liste de von der Leyen: elle "ne respecte pas les critères d'intégrité" nécessaires à la fonction.

La Française Sylvie Goulard n'échappera pas aux attaques, pendant son audition, sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires dont son parti fait l'objet. L'affaire a été classée par le Parlement européen, mais la justice française et l'Office européen antifraude (Olaf) enquêtent toujours. Le même Olaf enquête d'ailleurs sur le candidat polonais, Janusz Wojciechowski au sujet du remboursement de frais de voyages quand il était député européen.

Le Budget, pour qui?

À côté de l'intégrité, la compétence sera le critère clé pour les eurodéputés, qui ne pourront s'y pencher qu'une fois les portefeuilles attribués. Qui fera quoi dans cette équipe? Ursula von der Leyen doit le dire au cours d'une conférence de presse ce mardi midi. Une liste a "fuité" dans la presse ce weekend, sans qu'il soit possible d'en mesurer la solidité. Le document attribuait notamment le Budget à Didier Reynders, un portefeuille plausible vu sa très longue expérience comme ministre des Finances. Mais le site spécialisé Politico.eu croit pour sa part savoir qu'il était en balance pour l'État de droit, un poste tout aussi plausible pour un candidat malheureux à la présidence du Conseil de l'Europe.

Alors que le Parlement britannique a formellement demandé un report du Brexit, l'incertitude reste complète sur la nomination éventuelle d'un vingt-huitième. Avec ou sans Britannique, le Parlement européen doit voter l'investiture de la future commission le 22 octobre - s'il peut voter une motion de défiance à l'égard d'un.e commissaire, il doit in fine accepter ou rejeter la Commission en bloc. Ursula von der Leyen et son collège doivent entrer au Berlaymont le 1er novembre.

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