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Protonthérapie: acteurs plus nombreux, gâteau plus grand

Selon une étude de la société de consultance CSIntell, IBA, numéro un de la protonthérapie, devra faire face à de nouveaux concurrents, notamment japonais. Mais le marché va exploser.

D'ici vingt ans, les salles de protonthérapie auront quasiment pignon sur rue. Une étude réalisée par la société de consultance en biotech CSIntell révèle en effet que le nombre de salles devrait décupler: en 2032, elles seront un millier, contre 106 aujourd'hui. Corollaire de cette évolution, le nombre d'acteurs devrait s'accroître dans les prochaines années. De quoi tailler des croupières à IBA? Pas vraiment. La société néo-louvaniste, qui possède aujourd'hui 41 % du marché, verra sa part ramenée à un peu plus de 30 % d'ici 5 ans. Mais le gâteau à partager sera sept fois plus gros: de 350 millions de dollars de revenus prévus en 2012 à 2,2 milliards en 2017. Dans les 20 ans à venir, la croissance moyenne annuelle de ce marché très pointu devrait tourner autour de 9 %.

Deux tournants

Le marché de la protonthérapie, une technique qui consiste à injecter des protons à grande vitesse directement sur les cellules cancéreuses sans irradier les tissus sains aux alentours, est en pleine évolution.

"Le premier tournant a eu lieu en 2007, lorsque l'Américain Varian, numéro un mondial incontesté en radiothérapie classique, a acquis la société Accel, qui construisait un centre de protonthérapie à Munich. Aujourd'hui, Varian dispose déjà de deux centres et en a vendu cinq autres", explique Paul-Emmanuel Goethals, le fondateur de CSIntell. Le développement suivant a eu lieu en 2008, lorsque la société Mevion s'est lancée dans la production d'un centre de protonthérapie compact, donc moins cher. Aujourd'hui, elle en est à dix centres vendus".

Le marché de la protonthérapie est actuellement occupé par neuf acteurs - certains centres universitaires développent eux-mêmes leur propre centre de protonthérapie. "Les trois grands acteurs japonais - Mitsubishi, Hitachi et Sumitomo - ne sont présents que depuis un an. Et Mitsubishi, qui n'était jusqu'ici présent qu'au Japon, commence à s'ouvrir aux marchés étrangers", souligne Paul-Emmanuel Goethals. Mais pour cet ancien cadre d'IBA, l'ex-spin off de l'UCL n'a pas trop de souci à se faire. "L'arrivée de gros acteurs donne une plus grande visibilité au marché", dit-il.La protonthérapie, c'est la Rolls de la radiothérapie. Mais comme la célèbre limousine anglaise, elle n'est pas donnée. Un centre de 3 ou 4 chambres coûte environ 100 millions d'euros. L'Europe et l'Amérique du nord devraient donc rester les marchés de prédilection de ce type d'appareil. "Même si l'Inde ou la Chine, par exemple, se développent, les dépenses de santé y sont sans commune mesure avec les Etats-Unis par exemple, explique Paul-Emmanuel Goethals. Alors qu'un Indien moyen consacre 60 dollars et un Chinois 200 dollars par an à ses soins de santé, l'Américain moyen dépense plus de 8.000 dollars!".

D'où les efforts déployés par plusieurs acteurs, dont IBA et Mevion, pour développer des systèmes de protonthérapie à chambre unique, coûtant moins de 30 millions de dollars et permettant de soigner 250 à 300 patients par an. De quoi cibler des hôpitaux de taille moyenne.

Selon Paul-Emmanuel Goethals, la société CPAC devrait même lancer d'ici 3 ou 4 ans un système encore plus compact que les actuels.

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