Puisqu'on vous dit que les entreprises américaines veulent investir en Belgique

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Les entreprises US en Belgique ont l'intention d'y investir, mais veulent obtenir davantage du gouvernement.

Les entreprises américaines veulent investir en Belgique.

Mais elles se plaignent des coûts du travail trop lourds, du manque de prévisibilité fiscale et de la mauvaise mobilité.

Elles demandent un maintien des intérêts notionnels ET une baisse de l'Isoc.

Comme dirait l'autre, qui ne tente rien n'a rien. Dans ce registre-là, il faut bien admettre que l'AmCham, la chambre américaine de commerce en Belgique, n'a pas froid aux yeux. Alors qu'elle présentait son baromètre business annuel sur la compétitivité et la confiance des entreprises, ses dirigeants se sont lancés dans un vibrant plaidoyer pour le maintien du système des intérêts notionnels... parallèlement à une diminution significative du taux d'impôt des sociétés (Isoc).

L'AmCham Belgium, qui représente quelque 1.800 compagnies américaines et belges, dont le groupe Caterpillar, par exemple, n'a pas souhaité outre mesure s'étendre sur la situation particulière de cette société. "Ces licenciements, c'est malheureux pour les gens et leur famille, mais c'est le marché, il faut s'adapter", ont indiqué ses dirigeants lors d'une conférence de presse. En revanche, l'AmCham est nettement plus diserte à l'heure d'évoquer l'environnement économique belgo-belge qui doit, plaide la chambre de commerce, encore s'améliorer.

D'après l'enquête menée auprès de 123 entreprises membres de l'AmCham, représentant 75.000 emplois, quelques semaines après les attentats de Bruxelles du 22 mars dernier, la Belgique reste attrayante. Ses atouts majeurs demeurent sa position géographique, son abondance de talents, la qualité de sa main-d'oeuvre ainsi que son multilinguisme, et enfin l'accès qu'elle offre au marché européen.

Les entreprises répondantes sont même deux fois plus enclines à investir dans le pays qu'il y a deux ans. En effet, 51% d'entre elles s'attendent à y investir dans les trois ans, pour 24% en 2014. Cependant, les créations d'emplois devraient rester limitées. Seuls 4,4% des répondants envisagent de créer plus de 50 jobs, quand 55,5% d'entre eux s'attendent à une création limitée.

Passées ces nouvelles positives, les entreprises pointent très clairement le défaut de compétitivité de la place belge. Principal écueil, disent-elles: les coûts salariaux, très lourds. 64% des entreprises interrogées estiment en effet que le coût du travail met la Belgique en mauvaise posture par rapport à ses concurrents à l'heure d'attirer des investissements. "Oui, nous nous améliorons, mais les pays voisins également", a résumé mercredi le CEO Marcel Claesens. L'AmCham se félicite entre autres du saut d'index et du tax shift entrepris par le gouvernement fédéral. "C'est excellent, mais c'est insuffisant", plaide Howard Liebman, le président de la chambre de commerce. L'institution pousse donc à réformer et baisser le taux de taxation des sociétés. "Quand Anvers veut lutter avec Rotterdam, le choix des investisseurs va souvent se porter sur les Pays-Bas, où le taux facial d'impôt des sociétés est bien plus bas", ajoute Marc Claesens.

C'est l'un des seconds facteurs de mécontentement des entreprises: le manque de prévisibilité des politiques fiscale et régulatoire en Belgique. A qui le dites-vous ma bonne dame... Chaque nouveau ministre des Finances qui prend ses quartiers rue de la Loi entend imprimer sa petite marque de fabrique. Conséquence: des entreprises qui ne savent plus à quelle politique fiscale se vouer. Intérêts notionnels? On verra. Isoc? Wait and see, etc, etc. Ajoutez à cela qu'avec la réforme de l'Etat, les entités fédérées vont elles aussi pouvoir, désormais, mettre leur grain de sel fiscal dans tout cela et vous aurez compris l'inquiétude des entreprises.

Autres paramètres qui jouent actuellement le rôle de frein aux investissements américains: les charges administratives et la congestion automobile. À plusieurs reprises, déjà, l'alarme, à cet égard, a été tirée par des opérateurs économiques bruxellois: la Région bruxelloise suffoque sous les embouteillages et cette non-politique de mobilité est en train de lui coûter des investissements. Au-delà de Bruxelles, la Flandre est elle aussi largement impactée économiquement par la congestion automobile.

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