Quatre mois après le décollage, Air Belgium en pleine turbulence

Les vols d'Air Belgium sur Hong Kong seront supprimés du 1er octobre prochain au 30 mars 2019. ©© Belga

Faute de fiabilité de son tour-opérateur chinois, le conseil d'administration de la compagnie a décidé d'arrêter les frais. Provisoirement.

Les vols d'Air Belgium sur Hong Kong vont être supprimés du 1er octobre prochain au 30 mars 2019. Visiblement, le tour-opérateur chinois UTour ne remplit pas ses obligations et les avions ne sont pas assez remplis pour assurer la rentabilité de l'opération. La modicité des tarifs proposés en Chine (1.600 euros pour dix jours en Europe) paraissent un des éléments à prendre en compte.

Si bien que c'est le conseil d'administration qui a imposé au CEO Niki Terzakis d'arrêter les frais et de se concentrer sur des activités plus rentables, en attendant de trouver éventuellement un autre T-O, de modifier le conseil d'administration à cet effet (en virant le représentant de UTour) et d'envisager de nouvelles liaisons vers la Chine à l'été prochain.

Erreurs à la base?

De plus en plus d'acteurs du secteur aérien se posent la question de la fiabilité des Chinois. Certes, le marché est gigantesque et attire les convoitises, mais si on investit massivement dans un projet et que le partenaire fait faux bond, on se retrouve Gros-Jean comme devant. Demandez à l'aéroport de Liège ce qu'ils pensent de UTour, maintenant qu'ils ont rendu bilingue (français-chinois) tous leurs services d'accueil des passagers.

Maintenant, il ne faut pas charger uniquement le tour-opérateur chinois. Probablement que le plan d'affaires de Niki Terzakis, dont il faut reconnaître les compétences, n'était pas judicieux et que la capitalisation n'était pas suffisante, malgré de bonnes conditions de location des ex-Airbus A340 de Finnair. Il reste quand même que le quadriréacteur d'Airbus demeure cher en coûts d'exploitation, tous ceux qui en ont exploité le diront.

Mais sur le plan commercial, il y avait sans doute des performances qui n'ont pas été atteintes. Nous avons eu l'occasion de discuter avec une dame qui devait se rendre à Hong Kong (où elle réside) début septembre. Son vol a été annulé et on lui a proposé de partir la veille. Un jour de moins avec son père en Belgique, dommage, mais soit. Le lendemain, on lui suggérait de retourner à Hong Kong encore un jour plus tôt. "Oui, mais non", comme on dit chez nous. Elle a donc réservé sur Cathay Pacific. En période de lancement commercial, on admettra que ce genre d'improvisations est inacceptable.

Air Belgium se charge de trouver un nouveau T-O pour l'été, mais, comme on le dit, "il faudra passer l'hiver". Dégager du cash en assurant du wet-lease n'est pas chose aisée. Il faut reconnaître que, jusqu'ici, Air Belgium a plutôt bien réussi dans ce secteur en assurant des vols pour le compte d'Air France sur le Gabon ou, en ce mois de septembre encore, pour le compte de British Airways sur l'Egypte.

Encore que les vols sur le Gabon ont connu quelques déboires avec le personnel de maintenance, notamment. Il reste que la location équipages compris (wet-lease) de long-courriers demeure utile pour les compagnies aériennes (moins en hiver). Mais de là à faire remonter la trésorerie quand certains évoquent des pertes de l'ordre de 1 million d'euros par mois, il y a de la marge. Même si, comme il se dit à Toulouse, qu'Airbus n'est pas trop regardant sur les retards de payement des quatre A340 hérités de Finnair.

Le moins qu'on puisse dire est qu'Air Belgium subit quelques ratés au décollage.

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