Safran Aero Boosters sur un nuage grâce aux moteurs d'avion moyen-courrier

Le motoriste liégeois est devenu le spécialiste mondial des compresseurs basse pression. ©© doc

Le ciel reste bien dégagé pour le motoriste aéronautique liégeois Safran Aero Boosters (anciennement Techspace Aero), qui continue à recruter et dont le chiffre d'affaires poursuit sa progression. Sa maison mère, le groupe français Safran, a annoncé ce mardi des résultats mirobolants, avec un bénéfice net ajusté en hausse de 45% à 2,62 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires en progression de 4,7% à 16,52 milliards.

Si Safran, qui est sur le point de racheter l'équipementier Zodiac Aerospace, se porte aussi bien, c'est notamment grâce à un retour de la croissance dans les activités défense, mais aussi en raison d'un volume record de livraisons de moteurs d'avion moyen-courrier.

Le groupe français, qui fait partie des quatre grands fabricants de moteurs d'avion avec les américains General Electric et Pratt & Witney et le britannique Rolls-Royce, est en effet engagé dans une forte montée en cadence de la production industrielle de son moteur de nouvelle génération Leap. Ce turboréacteur civil est destiné aux nouveaux avions moyen-courriers d'Airbus et Boeing et au C919 du chinois Comac. Le Leap est construit dans le cadre du consortium CFM International, qui rassemble Safran et General Electric.

Deux éléments essentiels de ce petit bijou à 10 millions d'euros sont fabriqués à Milmort (Herstal) par Safran Aero Boosters: le compresseur basse pression (ou booster) ainsi que des équipements de lubrification (groupes et réservoirs).

Le prédécesseur du Leap, le CFM-56, se vendait déjà particulièrement bien, avec 31.000 moteurs livrés depuis le début de son exploitation il y a trois décennies. Il est le moteur le plus vendu au monde dans sa catégorie. Un succès dont le site de Milmort a largement bénéficié.

Un moteur plus propre

Moins gourmand en carburant et plus propre, le Leap est bien parti pour faire encore mieux. Les Airbus A320 Neo et Boeing B737 MAX qu'il équipe se vendent aujourd'hui comme des petits pains, grâce précisément à leurs nouveaux moteurs, qui les rendent plus rentables. Safran a livré 459 Leap en 2017, contre 77 l'année précédente. L'objectif est d'arriver à 2.000 unités par an en 2020, contre 1.500 CFM56 en moyenne ces dernières années. La production de ce dernier moteur est quant à elle appelée à se réduire drastiquement d'ici trois ans.

Si la montée en cadence de la production du Leap a connu quelques retards qui ont fâché l'avionneur Airbus, Safran Aero Boosters, dont la Région wallonne possède 31% (et 1,8% pour la SFPI) semble plutôt bien gérer de son côté ce basculement, qui représente un défi industriel majeur. L'entreprise, qui avait traversé quelques passes difficiles avec la fin des contrats militaires pour le F-16, n'a plus connu de pertes ni de restructuration depuis la fin des années nonante. La raison? "La nouvelle stratégie qui a consisté à positionner la société comme partenaire et non comme simple sous-traitant au sein du groupe", indique-t-on à Herstal. L'entreprise liégeoise possède en effet ses propres centres de recherche technologique et consacre des moyens importants à la R&D, de l'ordre de 20% de son chiffre d'affaires ces dernières années.

Nouvelles technologies

Un chiffre d'affaires qui a plus que doublé depuis 2010. Selon les dernières données, il s'est élevé à 732 millions d'euros en 2017, contre 678 millions l'année précédente. Les effectifs étaient de 1.550 personnes fin décembre. L'entreprise continue à engager du personnel, pour gérer sa croissance mais également pour assurer le remplacement des départs à la retraite.

Elle investit dans le même temps dans de nouveaux moyens de production: un appareil de soudure par friction inertielle est attendu à Milmort dans le courant de l'année. Maîtrisée seulement par quelques sociétés au monde, cette technologie sera utilisée pour l'assemblage de certains éléments du moteur GE9x qui équipera tous les futurs Boeing 777X.

Au-delà du Leap et des compresseurs pour d'autres nouveaux moteurs, Safran Aero Boosters planche par ailleurs sur le développement d'un booster à très haute vitesse (10.000 tours/minute, soit plus du double du Leap) destiné à des futurs moteurs à haut taux de dilution.

L'activité des compresseurs basse pression représente 77% du chiffre d'affaires, les équipements de lubrification 12%, les bancs d'essai 8% et le spatial 3%.

SAB fabrique notamment les vannes de régulation pour les moteurs du lanceur Ariane. Elle a conçu une vanne entièrement électrique destinée à équiper le moteur Vinci de la future Ariane 6.

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