Sécuriser l'utilisation des nanoparticules

L'Institut scientifique de service public de Wallonie a inauguré vendredi son nouveau laboratoire d'analyse des risques liés aux nanoparticules.

Mesurer avec le plus de précision possible les risques liés à l'utilisation de nanoparticules et de nanomatériaux: c'est la mission du nouveau laboratoire "Nano" de l'ISSeP (Institut scientifique de service public), inauguré vendredi.

Financé sur fonds propres par cet organisme wallon d'intérêt public à hauteur de 280.000 euros, "Nanogra" (acronyme anglais pour "Evaluation des risques liés aux nanomatériaux et aux nanoparticules") doit permettre d'étudier scientifiquement la réalité et les risques d'une exposition de l'homme à ces matériaux de 300 à 3.000 fois plus petits que le diamètre d'un cheveu.

De par leur taille extrêmement réduite, les nanoparticules offrent des propriétés de fluidité, de rigidité, de conductivité et de résistance telles que les industriels ont très vite compris tout l'intérêt qu'il y avait à les utiliser. Elles sont aujourd'hui intégrées dans la fabrication de produits et appareils très divers: médicaments, peintures, cosmétiques, aliments, pneus, vêtements...

Potentiel de nuisance mal connu

Mais leur potentiel de nuisance, que ce soit sur le plan sanitaire ou environnemental, reste mal connu. Les nanoparticules sont en effet si petites qu'elles peuvent être inhalées ou pénétrer la peau, s'infiltrer dans le réseau sanguin et déstabiliser les tissus cellulaires.

Le laboratoire de Colfontaine, près de Mons, doit permettre à l'ISSeP d'affiner les connaissances sur l'inflammabilité et l'explosivité des poussières nanométriques combustibles, et donc d'accompagner les industriels dans l'élaboration de leur politique de sécurité envers leur personnel.

Les aspects de toxicité et d'écotoxicité seront quant à eux étudiés dans l'autre laboratoire de l'Institut, à Liège.

"Nos recherches doivent nous permettre à terme d'attirer une clientèle d'industriels qui utilisent les nanoparticules", explique Bénédicte Heindrichs, directrice générale de l'ISSeP.

L'analyse des risques qu'engendre l'utilisation des nanoparticules est impérative pour éviter que l'on revive le scénario funeste de l'amiante.

Jusqu'au début de l'année, ces substances évoluaient dans un vide juridique. Depuis le 1er janvier, toutes les entreprises produisant, important ou distribuant des nanomatériaux doivent le déclarer.

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